CHAPITRE IV
:ontre cette malheureuse ville 27,600 bombes, 54,000 boulets, 4,600 obus, 826,000 coups de usil et 5,3oo coups de canon à mitraille.
Après le départ de la petite armée de Précy, les roupes conventionnelles entrèrent sans obstacle lans Lyon. Les Bleus se présentèrent comme des ibérateurs. Chaque soldat, amplement pourvu de ivres, partagea sa ration avec un Lyonnais affamé.
Les députés ne manquèrent pas d'exalter cette [énérosité qui, si elle n'avait point été commandée, léritait en effet les plus grands éloges; ce qu'il est ifficile de croire quand l'attention se porte sur la enduite des assiégeants. »
L'entrée du général Doppet et de Châteauneuf- (.andon chevauchant côte à côte fut médiocrement
iomphale. La ville présentait un aspect lugubre ;
s magasins étaient fermés comme aux jours des ilamités publiques ; dans les rues on ne rencon- •ait que des femmes et des Jacobins criant ça et . : Vive la Convention ! Meurent les Muscadins ! X les maisons criblées de boulets, déchirées par :s bombes, noircies par Tincendie, les édifices jinés ou mutilés, tout cet affreux spectacle pénéait d'une tristesse involontaire les auteurs de tant î désastres.
Couthon, Maignet, Château neuf- Randon et de
4bO DOUZIÈME ÉPOQUE.
Laporte reçurent à rhôtel-de-ville les hommages des sans-culottes et allèrent ensuite prendre possession du palais de l'archevêché où les joignirent dans la soirée les représentants Gauthier et Dubois- Crancé, qui sans doute n'avaient pas encore reçu avis officiel de leur rappel. « Si nous en croyons Fauteur des Mémoires sur les causes secrètes de la Révolution^ ces deux représentants n'entrèrent dans la ville que le soir, à la nuit close, bien enfermés, cachés plutôt dans un carrosse oià, pour plus de sûreté, ils avaient fait asseoir à leur côté un inspecteur aux vivres qui leur promettait sa protection si elle devenait nécessaire, assurant qu'il avait rendu aux Lyonnais, pendant le bombardement, des services propres à se conciher leur reconnaissance (i). »
Dès que la Convention eut appris la reddition de Lyon, elle fulmina le décret qu'on va lire, mo^ nument insensé de colère, de barbarie et de vandalisme :
Du 21 du I" mois de l'an second de la République (2).
La Convention nationale, après avoir entendu le rapport du comité de salut public, décrète :
Art. I. — Il sera nommé par la Convention nationale,
(i) Hht. du peuple de Lyon, t. II, p. 192.
(2) Cette date correspond au 12 octobre I7g3. LesnornsdereMiém/j/ri.'. brumaire, etc.. pour les mois du calendrier républicain ne furent adoptes que le 34 octobre (3 brumaire). L'crc vulgaire avait été abolie peir décret du 5 octobre.