‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 260 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

après une plus mure re'flexion, a décidé que les émissaires ne partir-oient plus, et que le citoyen Merle partiroit seul pour se concerter à Besançon avec les citoyens représentants Bassal et Bernard, et qu'après la réponse, nous partirions sur le champ pour remplir la mission proposée et arrêtée.

B. Desisles, président, Gqy, Petit et Gqyet, secrétaires (i).

Trois jours après, on trouva dans les rues un autre papier sur lequel était écrit : Le sang va couler.

Blanq-Desisles fit grand bruit de ces avis mystérieux, séances municipales des 23 et 26 septembre. Deux proclamations, qu'il écrivit lui-même sur le registre, les imputaient aux aristocrates. Voici la première :

Citoyens, des malveillans cherchent à troubler l'ordre et le repos public, en alarmant leurs frères. Cette nuit, ils ont affiché des placards incendiaires à la porte des maisons. I.e dépôt en a été fait à la municipalité pour en chercher les perfides auteurs. Soyez tranquilles, citoyens ; vos officiers municipaux veillent ainsi que les braves sans-culottes. Défiez-vous des ruses grossières de l'aristocratie ; rappelez-vous de tous les complots qu'elle a formés ; ils ont été vains. La liberté triomphera et il ne restera aux traîtres et aux perturbateurs que la honte et les remords de r.'avoir pas servi leur patrie.

i) Registre du Comité révolutionnaire. — Archives de l'Ain.

Voici maintenant la seconde :

Citoyens, des monstres perturbateurs du repos public ont encore jeté des papiers incendiaires dans les rues et dans les allées. Vos officiers municipaux, qui n'ont encore pu découvrir ces scélérats nocturnes, invitent tout bon citoyen à les surveiller et à tâcher de les atteindre, pour qu'ils soient punis comme incendiaires et perturbateurs. Citoyens, soyez tranquilles et calmes sur ces faux bruits ; les traîtres à la patrie furent toujours des lâches, que l'on découvrira tôt ou tard.

Ces placards, quels qu^en fussent les auteurs, fournissaient l'occasion de décrier les honnêtes gens ; c'était un excellent prélude à la persécution.

Le citoyen Merle, envoyé à Besançon par le Comité révolutionnaire, en revint triomphant avec un arrêté du 25 septembre, qui épurait complètement l'administration en vue du régime démagogique. Ce document, malgré sa longueur, doit être transcrit intégralement -, il fait connaître les hommes qui vont gouverner la ville et le département sous la Terreur ; nous le transcrivons d'après le registre municipal :

Arrêté des Représentants du peuple République, la Nation et la Loi.

Au nom de la République française, les Représentants du peuple délégués par la Convention nationale pour les dé-

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