‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 32 sur 275 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Décret du 26 août 17.92 contre les prêtres rêfractaires. Le curé de Neuville -sur-Ain, ex-constituant, M. Bottex, arrêté à Paris, enfermé à la Force; sa foi courageuse et sa mort sous les coups des septembriseurs. — Massacres dans les provinces, à Reims, Versailles, Orléans, Lyon, etc. — Le curé de Baneins. M. Guillermet, martyrisé à Lyon le g septembre ; son admirable résignation et son horrible supplice. — Femmes fouettées à Seyssel pour avoir fait leurs pdques.

Le décret sur la déportation des prêtres, auquel Louis XVI avait constamment refusé sa sanction, même devant les piques menaçantes de Témeute, dans la journée du 20 Juin, fut proclamé loi de TEtat, le 10 août, après sa déchéance. Cela toutefois ne parut pas sufi&sant aux ennemis de la religion. Après avoir décrété, le 18 août, la suppression de toutes les corporations séculières ecclésiastiques, y compris celles consacrées à Téducation de k jeunesse et au service des hôpitaux, après avoit aboli leur costumes et confisqué leurs biens, ils leur donnèrent huit jours pour sortir de leur département et quinze pour quitter le royaume, sous peine de déportation à la Guyanne française (1).

Il) Loi relative aux ecclésiastiques qui n'ont pas prêté leur serment, ou qui, après t avoir prêté, l'ont rétracté, et ont persisté dans leur ré'ractation. Du 26 août 1792, l'an 4« de la liberté. Publiée le i"septem- Njr: par le Directoire de l'Ain. Bourg, 1702, 4 p. in-4'>. — Ph. L.D.

Et la commune insurrectionnelle de Paris s'arrangea pour leur faire attendre les passeports qui leur étaient indispensables ; de sorte que, lors des visites domiciliaires du 29, un grand nombre de prêtres furent arrêtés, jetés en prison, puis livrés aux travailleurs marseillais.

Au nombre de ces malheureux prêtres se trouvait M. J.-B. Bottex, ancien curé de Neuvillesur-Ain, que le clergé de Bresse avait envoyé aux Etats-Généraux. Après avoir siégé à la droite de FAssemblée constituante, ce vénérable ecclésiastique, pour ne pas prêter le serment constitutionnel, s'était privé du bonheur de revoir ses paroissiens, et avait prolongé son séjour dans le séminaire des Missions étrangères qu'il avait adopté pour demeure dès son arrivée à Paris.

Vers la fin du mois d'août, probablement dans la nuit du 29 au 3o, une perquisition faite dans ses papiers par les agents de la commune amena la découverte d'une lettre de l'abbé Maury. C'était assez pour motiver son arrestation. Il fut conduit dans la prison de La Force.

Nous avons vu que cette prison renfermait nombre de personnages de la cour et entre autres la princesse de Lamballe. Le curé Bottex y rencontra l'abbé Bertrand de Moleville, conseiller au grand Conseil, frère de l'historien-ministre, et l'abbé Flaust, qui eurent la chance d'être épargnés.

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