CHAPITRE PREMIER. Io
avec les magistrats de Genève, et il fut convenu, le 22, que les Bernois évacueraient la ville au plus tard le i" décembre.
Ce traité, signé définitivement le 2 novembre, avec les changements voulus par la Convention, ne fournit pas moins à Dubois-Crancé le prétexte d'une dénonciation contre Montesquiou ; celui-ci fut décrété d'accusation dans la séance du 9 novembre. Ainsi, le chef de Tarmée des Alpes, six semaines après sa conquête de la Savoie, fut obligé de se réfugier en Suisse pour sauver sa tête. Liibrica est fort una (Q. Curt.)
Le député de Pont-de-Vaux ne fut pas étranger à la disgrâce du marquis de Montesquiou. Désigné par la Convention (décrets des 7 et i i octobre) avec ses collègues de la Côte-d'Or, MM. Prieur et Guyton, pour examiner la force de la République sur les frontières du Doubs, du Jura et de TAin, et pour aviser aux moyens de défense (i , M, De3"dier eut naturellement sa part de responsabilité dans le rapport collectif. Or voici un paragraphe, duquel il résulte que ces trois personnages, par leur correspondance avec leurs amis de la Convention, préparèrent le décret d'accusation :
De Ferney nous fûmes à Versoix, où nous traversâmes
■I) Le vicomte de Toulongeon dit nettement que les trois députés aviient mission d observer Montesquiou.
le lac pour joindre le général Montesquieu, à qui nous avions des renseignements à demander en sa qualité de commandant en chef de la septième division militaire. Les négociations entamées par ce général avec l'Etat de Genève nous étoient déjà connues par la voix publique ; nous en étions frappés d'étonnement et d'indignation, comme tous les Français sentant la dignité d'hommes libres : aussi, dès notre séjour à Pontarlier, avant le 5 novembre, nous l'avions témoigné en écrivant à Paris à plusieurs de nos collègues. La vue de Montesquiou, ses discours, l'attitude des gens qui l'entouroient, sa manière d'être, enfin tout fortifia notre opinion. Il nous parut tel qu'à nos collègues qui nous avoient précédés chez lui, tel que la nation qu'il a trahie le connoît aujourd'hui. Nous le lui dîmes clairement, et nous fîmes parvenir au comité diplomatique nos observations, de manière à prévenir toute erreur sur son compte. Le 12, à midi, nous le quittâmes ; le lendemain il s'évada, sur l'avis qu'il eut du décret d'accusation justement lancé contre lui (i).
Le rapport offre d'ailleurs peu de choses à noter relativement à l'Ain. — Dans le pays de Gex les trois commissaires constatèrent la tolérance des officiers municipaux à Tégard de l'exportation du blé, du pain et du bois de chauffage. — A Ferney, ils furent enchantés de Tintelligence et de l'activité du maréchal de camp d'Oraison, excellent républicain, et de Tardeur guerrière de ses bataillons
(1) Rapport présenté à la Convention nationale le 5 décembre, au nom des Commissaires envoyés dans les départements du Doubs, du Jura et de l'Ain, par C. A. Prieur, l'un deux, et député de la Côte-d'Or. Paris. Imprimerie nationale, 24 p. in-8. — C"- D.