‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 60 sur 275 · CHAPITRE PREMIER. lOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. lOI

[uelque risque s'il restait plus longtemps au milieu de ce ramas de contre-re'volutionnaires, » il se hâte de gagner a porte. Ses deux acolytes, pendant toute cette scène, l'avaient pas ouvert la bouche; mais leur contenance mbarrassée démontrait suffisamment qu'ils sentaient' le idicule et l'inconvenance de la situation où leur terrible ollégue les avait engagés. Aussi le suivent-ils avec erairessement dans sa prudente retraite. Le camarade et 'ami du maître de la maison, le joyeux Dugazon, s'emlare d'une cassolette de parfums et reconduit les trois acobins en purifiant l'air, qu'ils ont, prétend-il, vicié de eur souffle empesté. La fête continue, mais elle n'était las même finie que Paris s'éveillait en entendant les poreurs du journal de Marat crier dans toutes les rues : rrande conspiration découverte par l'Ami du peuple \ 'rand rassemblement de Girondins et de contre-révoluionnaires che^ Talma (i)!

L'atrabilaire journaliste, pour compléter sa ven- ;eance, se rend aux Jacobins et à la Convention, t vomit son fiel contre le vainqueur de TAr- ;onne. Peine perdue ! Ses amis du club lui fonr omprendre qu'il se fourVoie, et la Convention idignée le traite comme un vil calomniateur. ^uand il dit, par exemple : « Je sais que dans ett2 assemblée un grand nombre de membres me oient apec déplaisir...^ » il est interrompu par ett 2 violente rectification : « Tous! tous! — avec mépris ! — avec horreur ! »

(i) VI. Mortimer-Ternaux.Hisf. de la Terreur. 2« édition, t. IV. p. 171

La Suisse, irritée du massacre de ses nationaux, défenseurs des Tuileries, inquiète de l'invasion des idées démocratiques et de la conquête de la Savoie, avait songé à prendre les armes. Le canton dt Berne, le plus belliqueux et le plus menacé, avaii mis vingt mille hommes sur pied. Le généra Murât les avait dirigés, le 27 septembre, sui Nion, à proximité du pays de Gex, et, trois joun après, en avait cantonné seize cents à Genève Ces mesures, considérées comme contraires ai principe de neutralité, avaient éveillé les susceptibilités françaises. Le marquis de Montesquiou fii marcher une armée sur Genève, en plaça un( autre dans le pays de Gex, et lui-même se rendii à Carouge dans la nuit du 5 au 6 octobre. 11 3 trouva deux députés de la République provisoire, auxquels il demanda le renvoi des troupes de Berne ; ce qu^il ne put obtenir.

Employer la force présentait quelque danger, Genève avec une armée à ses portes pouvait résister sans crainte. Montesquiou consulta le Conseil exécutif. L'un de ses membres, le ministre deî finances Clavière, genevois de naissance, chasse de son pays comme démagogue dangereux, avait à se venger des Magnifiques et ne voulait pas qu'or abandonnât la partie. Enfin, le 17 octobre, la Convention donna carte blanche au général en chef. Dès lors des négociations furent entamées

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