‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 78 sur 275 · Chapitre m. i · texte numérisé non relu

Chapitre m. i

réparti sous des numéros différents les faits connexes. La commission savait que plus l'accusation est compliquée, plus la défense est difficile, et elle avait habilement présenté la conduite du roi depuis 178g comme une conspiration permanente contre la France i). »

La lecture terminée, le président reprend chaque article et le fait suivre invariablement de la formule : Qu" avei-vous à répondre ? prescrite par décret spécial.

■ Louis XVI répond avec beaucoup de présence d'esprit et de dignité. « Pour tous les faits antérieurs à la Constitution, remarque M. Mortimer- Ternaux, il se base sur son droit de chef de l'armée et de la nation ; pour tous les faits postérieurs, sur la responsabilité qui incombait à ses ministres. L'acte d'accusation lui reprochait les sommes répandues par lui dans les faubourgs et prétendait que ces distributions d'argent avaient été faites dans des vues contre-révolutionnaires, et Je n'avais « pas, répond-il simplement, de plus grand plaisir « que de donner à ceux qui avaient besoin, et ce « que j'ai fait alors n'avait trait à aucun projet. » — A la demande que lui fait le président, s'il n'avait pas autorisé Septeuil à faire un commerce considérable de grains, sucres, cafés, à Hambourg,

(i ■ Hist. des assemblées politiques, I. p. 128. Tome III.

l34 NEUVIÈME ÉPOQUE.

— Devant la triple accusation d'avoir fait tirer sur le peuple le 14 juillet 1789, le 17 juillet 1791 et le 10 août 1792, il proteste de son amour pour le peuple et de sa ferme volonté de ne jamais répandre le sang de ses sujets. — Aux autres questions il répond tantôt que l'accusation est absurde, tantôt qu'il a besoin de pièces pour en prouver la fausseté. — Il déclare avoir désavoué toutes les démarches de ses frères émigrés, aussitôt qu'il en a eu connaissance ; — quant aux décrets relatifs aux prêtres réfractaires et au camp sous Paris, sur lesquels il avait mis son veto^ il se retranche derrière la Constitution qui lui laissait le droit absolu de refuser ou d'accorder sa sanction (i). »

En finissant l'interrogatoire, « Louis, dit le président, avez-vous quelque chose à ajouter ? » — « Je demande, répond Louis XVI, communication des accusations que je viens d'entendre et des pièces qui y sont jointes, et la faculté de choisir un conseil pour me défendre. »

Ces demandes sont accueillies. Le roi est reconduit en prison ; sur son passage, la lie du peuple exprime son odieuse pensée en chantant le refrain de la Marseillaise : Qu'un sang- impur abreuve nos sillons !

Le lendemain, il désigne Target pour son conseil et à son défaut Tronchet, tous deux célèbres au

(i) Hiit. de la Terreur, tome V, p. aSg.

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