‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 105 sur 217 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ville. Après une explication, la lutte s'engage entre les défenseurs de TÉglise et la garde nationale. Celle-ci triomphe naturellement, et M. Clerville reconnaît le courage de Fartiste patriote en lui donnant la main de sa fille. Dans son bonheur il s'écrie :

Qu'il m'est doux dans mon fils de trouver à la fois Et mon libérateur et le soutien des loixl

Puis il complimente la garde nationale et, lui montrant les vaincus, dit en homme qui n'oublie pas l'essentiel :

Conduisons ces brigands devant les tribunaux, Et faisons adjuger les biens nationaux.

La pièce de M. Dupuis a du mérite. Elle est dialoguée avec facilité ; l'intrigue est bien conçue, bien conduite ; des incidents variés soutiennent l'attention. Il est fâcheux seulement que l'auteur ait affublé sa niuse d'un costume par trop philosophique et républicain.

N'oublions pas VÉpitre dédicatoire à Thé' ^èse :

Qu'un autre vende à la richesse Et son hommage et son encens, Et qu'il célèbre avec bassesse Les sots, les rois et les tyrans.

Moi qui ne sens pour eux qu'une haine mortelle, Qui me'prise leur or, leurs titres et leurs rangs, Je vais offrir mes vers aux vertus, aux talens. Thérèse, des vertus vous êtes le modèle; Vous avez mille attraits qui captivent mes sens ; Thérèse, c'est à vous que j'ofTre mon hommage,

Et que je consacre mes chants.

Daignez recevoir mon ouvrage ;

Je l'embellis de votre nom.

Ah 1 si mon trop faible crayon

Pouvait y tracer votre image.

Combien je le rendrais intéressant et beau ! Mais vous seule pouvez tracer votre tableau : Quoique très jeune encor dans l'art divin d'Appelies, Vous sûtes acquérir de la célébrité ; L'amour qui vous chérit vous a prêté ses ailes Pour arriver plus tôt à l'immortalité (i).

Ne semble-t-il pas que Fauteur se soit épris de son élève comme le héros de sa pièce, et qu'il ait raconté sa propre histoire dans le rôle d'Henri, puisqu'il était comme lui peintre et poëte ?

Dans le département de l'Ain, la vente des biens nationaux commença le i3 novembre 1790. Depuis cette époque jusqu'au i'^'" novembre 1791, elle produisit seize millions sept cent dix-neuf mille six cent cinquante-trois Hvres, savoir :

(i) V Artiste patriote ou la Vente des biens nationaux, comédie en cinq actes et en vers, par M. Dupuis, de Bourg, réprésentée pour la .première fois à Paris, le i'" août l'an, troisième de la liberté. Paris, 1791, 96 p. in-8. ~C"D.

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