‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 108 sur 217 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Election des six députés de l'Ain à l'Assemblée législative; réflexion de Thomas Riboud . l'un des élus. — Une députation dont fait partie Brillât-Savarin présente la Constitution à Louis XVI, le 3 septembre ijgr; le roi fait connaître, le i3. son acceptation ; lettre ministérielle au Directoire de l'Ain. — Plaidoyer sur la Constitution française au collège de Bourg. — Adresse patriotique de la Société des Amis de la Constitution de Trévoux aux municipalités de ce distric t. — Départ des trois députés de Bourg, Belley et Nantua ; note de Thomas Riboud sur son livre de comptes.

Les opérations électorales, d'abord fixées au 4 juillet 1791 , puis ajournées par suite des événements de juin, commencèrent à Bourg le 28 août, ïl s'agissait de nommer six députés et deux suppléants pour la nouvelle législature. Les électeurs confièrent le mandat de député à MM. :

Deydier, notaire, feudiste et géomètre à Pont-de-Vaux.

Girod, de Thoiry, homme de loi, administrateur du district de Gex.

Jagot, juge de paix à Nantua.

Régnier., homme de loi, procureur-syndic du district de Trévoux.

Riboud, procureur-général-syndic du département.

Rubat, juge au tribunal de Belley.

M. Tard/ la Carrière^ l'un des administrateurs de TAin, ne fut pas élu, quoique recommandé par les Annales patriotiques de Carra (supplément du 2b juin).

Le procès-verbal des élections, qui doit se trouver aux archives du département, nous aurait appris les noms des deux suppléants-, mais les documents révolutionnaires, autres que les registres des Directoires, sont placés de telle sorte qu'il est impossible de les consulter.

Notre aïeul, Thomas Riboud, constata sa nomination sur son livre de comptes dans les termes suivants :

L'Assemblée des électeurs a ouvert ses séances le 28 aoust. Dès le premier moment, un grand nombre m'ont manifesté leur désir de me nommer député. Je les ai formellement priés de diriger leurs suffrages sur d'autres sujets, et, comme les bruits à cet égard se soutenaient, j'ai engagé quelques amis à faire connaître plus particulièrement mon intention. La situation critique des affaires publiques, le danger de voir les troubles augmenter, mes affaires personnelles, ma famille, mes biens, étaient les motifs principaux de cette détermination. Malgré mes efforts une nomination inattendue et rapide a eu lieu le 2 septembre à la presque unanimité des suffrages. J'ai voulu résister ; mais les instances ont été si vives que toutes les considérations ont dû cesser ; il m'a été impossible de refuser malgré ma répugnance. Aleajacta est.

Que Ton ne voie pas dans ces lignes l'expression

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