CHAPITRE PREMIER
Lettre de Thoma% Riboud à ses concitoyens, 2 octobre 1701, sur la clôture de FAssemblée constituante et Fouverture de l'Assemblée législative. — Comédie du serment. — Quelques faits de souveraineté populaire dans le district de Mcntluel. Triste effet de la Constitution civile du Clergé dans l'Ain. —■ L'émigration augmente. — Massacres d: Avignon. — Thomas Riboud combat le philosophe ConJorcet dans le Comité de Finstruction publique. — Lettre circulaire de l'évêque Rayer. — Peines édictées contre les porteurs de litres de noblesse ; M. Gauthier {des Orcières). — Le député deXantua, M. Jagot, membre du Comité de surveillance.
A peine installé à Paris, Thomas Riboud écrivit aux Officiers municipaux de Bourg la lettre suivante dont nous avons trouvé le brouillon dans ses papiers :
Paris, le 2 octobre 1791.
Messieurs et chers Compatriotes,
Je suis arrivé ici le 29 septembre. Dès le lendemain, nous nous fîmes inscrire aux archives de l'Assemblée nationale, et nous assistâmes à sa dernière séance.
Les nouveaux députés étaient confondus dans la salle avec les anciens, et un très grand concours de spectateurs
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garnissait toutes les tribunes. Il y eut divers de'crets rendus sur la garde nationale, la garde du roi, les frais d'impression, etc. Des commissaires firent aussi rapport de l'état des caisses nationales, et M. Anson, l'un d'eux, déclara, au nom du Comité des finances, que celui-ci adoptait en entier les faits exposés dans les derniers mémoires de M. de Montesquiou sur les finances.
A trois heures et demie, le roi vint à l'Assemblée, et il prononça un discours que les papiers publics vous porteront. Il y exprime de plus fort son adhésion à la Constitution, et annonce qu'il vient de faire notifier son acceptation aux puissances étrangères, et réclame de la manière la plus touchante l'amitié du peuple comme sa plus précieuse récompense. Ce discours fut interrompu par de vifs applaudissements et des cris réitérés de : Vive le Roi\
Quand le roi se fut retiré, on fit lecture du procès-verbal et le président déclara que l'Assemblée nationale constituante avait terminé sa mission.
Le lendemain, i^r octobre, les nouveaux députés se rendirent dans la salle à neuf heures du matin, et M. Camus fit un appel nominal, duquel il résulta qu'il se trouvait environ 480 députés présents. Après la nomination du président d'âge et des secrétaires provisoires, l'Assemblée se forma en bureau pour la vérification des pouvoirs.
Tel est, Messieurs, le précis de ce qui s'est passé depuis mon arrivée jusqu'à ce jour. Je désirerais pouvoir vous transmettre régulièrement le résultat des opérations de l'Assemblée ; mais les travaux nombreux qui nous attendent, la nécessité d'assister aux séances et la diminution du nombre des députés offrent de grands obstacles à une correspondance habituelle... Je me ferai du moins un devoir et un plaisir de prouver à mes concitoyens, soit dans les affaires générales soit dans celles qui pourront les