CHAPITRE II
Extrait de la lettre à la famille Simoneau. — Famille désolée du plus vertueux citoyen, le sang sur lequel vous pleurez a ému toutes les âmes sensibles... Agréez, famille chère à la Patrie, les témoignages que la Société des Amis de la Constitution de Bourg offre à la mémoire du vertueux Simoneau ; son nom sera toujours sous nos yeux ; sa couronne si bien méritée nous retracera son exemple ; il vivra éternellement dans le cœur des Français, et vous retrouverez dans chacun d'eux les consolations d'un ami, l'affection d'un père, et l'attachement d'un frère qui sent ses obligations.
Les Amis de la Constitution à Bourg. Signé : Sibuet, président; Quinet, Gagneur, Dumalle, Colasson, 5ecreiaires.
Extrait de la lettre à la municipalité d'Étampes. —
Collègues d'un héros, c'est de votre sein qu'est sorti l'immortel magistrat qui a rempli la France d'admiration, et dont le sort a recueilli la douleur universelle. La Société des Amis de la Constitution de Bourg vous adresse les témoignages de sa sensibilité à l'attentat dont le courageux Simoneau a été la victime ; elle vous félicite d avoir eu au milieu de vous un si grand modèle...
Les Amis de la Constitution à Bourg (Mêmes signa— gnatures).
L'homme dont la mémoire était ainsi honorée n'était, il faut bien le dire, ni un héros ni le plus vertueux des citoyens. Ce prétendu héros s'avança sur la place, escorté de quatre-vingts cavaliers sur la protection desquels il devait compter. Ce vertueux citoyen, riche de dix-huit à vingt mille livres
de rente, tanneur de son métier, exerçait aussi celui d'accapareur et spéculait sur la hausse du blé(i).
Nous n'approuvons ni les furieux qui Pont tué, ni les soldats qui Font lâchement abandonné. Nous trouvons seulement que l'attentat dont il a été victime a été déploré avec trop d'ostentation ; et nous ne réclamerons pas contre Pinexécution du monument décrété en sa faveur.
Le 4 mars, MM. du Directoire de TAin écrivirent à nos députés la lettre suivante ^ on remarquera qu'ils se plaignent de l'anarchie croissante et qu'ils l'attribuent aux intrigues de l'émigration et au fanatisme des prêtres, au lieu de s'en prendre à leur chère Constitution.
Bourg, le 4 mars 1792, l'an IV de la liberté.
Messieurs et chers Compatriotes,
Vous nous donnez enfin quelque espérance que l'on s'occupera bientôt de la défense de nos frontières. Le Ministre de la Guerre nous mande aussi qu'il a écrit à M. le maréchal Luckner d'envoyer dans notre département un de ses officiers généraux pour donner les ordres nécessaires. Nous nous en reposerons certainement sur
(i) Voir l'article Simoneau dans le Dictionnaire de Larousfc ; voirauss l'Histoire parlementaire de MM. Bûchez et Roux, t. XIV, p. :b3 et 272^