‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 161 sur 217 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

îenees au château de Bohas, un habitant d'Hautecour est condamné à tix années de fers, requête en cassation, confirmation du jugement ; émeute à Bourg le jour de l'exécution, clameurs contre M. Valentin du Plantier, protestation de ce magistrat.— Le Comité autrichien, Carra, MM. de Montmorin et de Moleville ; l'autorité royale méconnue, déportation des prêtres, licenciement de la garde du roi. — Discours de M. Heuri Dupuis au club de Saint-Trivier en Bresse, pompeuse glorification des Jacobins. —Le Directoire de l'Ain demande, le gjuinjjg2, la liste des personnes suspectes qui ont quitté leur domicile pour se rendre à Lyon ; liste du district de Nantua. — Le roi refuse de sanctionner deux décrets et congédie trois ministres. Les Jacobins appellent les frères et amis de la province; une bande de Marseillais arrive le ig juin et lit une adresse incendiaire à V Assemblée nationale; les députés applaudissent presque autant que les tribunes. — Au 20 juin commence la période dramatique de la Révolution.

Nous avons vu, au ch. viii de la IV^ Epoque, présent volume, que M. Loubat de Bohan était accusé de cacher des armes dans son château de Bohas. Malgré la perquisition qui fut faite sur sa demande le i5 janvier 1 791, ce bruit malveillant persista et donna lieu, plus d'un an après, à des actes de violence qui amenèrent la condamnation de Claude Juliéron, citoyen d'Hautecour, à six années de fers.

Le I" mai 1792, son défenseur officieux, M. Sibuet, signa une requête en cassation du

3lO SIXIÈME ÉPOQUE.

Jugement rendu, le i8 avril, par le tribunal criminel de l'Ain.

Nous allons emprunter à cette requête le récit des faits. Les plus graves sont, il est vrai, présentés au dernier alinéa sous forme dubitative ou négative; mais nous devons les tenir pour avérés, puisqu'il y a eu condamnation. Cette réserve faite, écoutons M. Sibuet :

Le 26 février dernier, jour indiqué pour le recrutement général de l'armée, les habitansd'Hautecour, Romanèche et lieux circonvoisins, se rendirent le matin à Ceyzériat, chef-lieu du canton, soit en conformité de la loi sur le recrutement, soit par un esprit de patriotisme qui porte tout bon citoyen à concourir particulièrement à la gloire de sa patrie, à la félicité commune et à la destruction des ennemis de la liberté ; quelques-uns d'entre eux, avant d'arriver au château de Bohaz, qui se trouvoit sur leur route, proposèrent d'y entrer en passant, parce que plusieurs habitans des environs s'y étoient déjà portés en foule pour se faire donner à boire et à manger.

Juliéron qui entendit cette proposition, s'opposa fortement à ce qu'elle fût exécutée, en disant qu'ils avoient bien de quoi déjeuner à Ceyzériat et qu'il ne falloit pas avoir l'obligation d'une bouteille de vin aux propriétaires du château. Si cette observation juste et prudente ne fut pas accueillie par quelques particuliers qui y entrèrent, il est hors de doute et juridiquement reconnu que l'exposant se rendit de suite à Ceyzériat, et ne voulut pas s'arrêter chez M. Loubaz (i).

(i) Il faut se défier de cette affirmation ; voir le dernier alinéa.

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