‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 166 sur 217 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

teurs, dit-il, fit condamner Juliéron à six années de fers. L'injustice de cette condamnation souleva les esprits. Après avoir coopéré à la défense de Juliéron., je me vis dans la nécessité d'arrêter une insurrection, et le malheureux Juliéron sèroit encore dans les fers, sans les décrets de la Convention nationale, qui l'ont élargi. Je demande à Merle, lequel de nous deux a joué le rôle d'aristocrate et de modéré dans cette affaire (i)?

Gauthier avait lancé son armée révolutionnaire contre les rebelles de Lyon. Merle, devenu accusateur public à Lyon, les avait envoyés à Téchafaud. Ils n'avaient rien à se reprocher.

s déroutes de Mons et de Tournay au début de la campagne avaient fourni aux révolutionnaires une nouvelle occasion d'attaquer la Cour. A les entendre, il y avait eu trahison, par suite des manœuvres d'un prétendu Comité autrichien^ dirigé par la reine, auquel étaient affihés MM. de Montmorin et Bertrand de Moleville.

Carra, qui se fit l'écho de ce bruit au club des Jacobins, s'abrita derrière les députés Bazire, Merlin et Chabot. Ceux-ci, sur la plainte de iMM. de Montmorin et de Moleville, furent mandés devant le juge de paix, Etienne Larivière, et ne produisirent aucune preuve, mais l'Assemblée

(i) Gauthier, représentant du peuple à la Convention nationale, etc. F {iris, 4 thermidor aa II (22 juillet 1794). 38 p. in-8. — Ph. L, D.

3l8 SIXIÈME ÉPOQUE.

nationale leur vint en aide en supposant leur dignité de député offensée par l'interrogatoire, et l'honnête juge de paix fut décrété d'accusation le 20 mai 1792.

Le même jour, le roi écrivit au président de l'Assemblée qu'il tenait à ce que cette question du Comité autrichien fût parfaitement éclaircie, et il ajouta que son ministre de la Justice donnait les ordres nécessaires à l'accusateur public. Cette manière de confondre la calomnie déplut à l'Assemblée. Gensonné osa dire à la tribune que l'accusation et la poursuite des délits contre la sûreté de l'État, étant exclusivement attribuées par la Constitution au Corps législatif, et leur jugement à la Haute-Cour nationale, le message du roi et l'ordre donné à l'accusateur public, étaient tout à la fois injurieux au Corps législatif, attentatoires à la Constitution, et dangereux pour la sûreté publique.

Ce manque de respect à l'autorité royale s'accentua encore les jours suivants.

Le 24 mai, le maire Pétion discuta impudemment dans une lettre publique le blâme qui lui était justement infligé par Sa Majesté à propos de la supposition d'un nouveau projet de fuite.

Le 27, contre la volonté du roi, et pour plaire aux Jacobins, l'Assemblée décréta la déportation des prêtres réfractaires. Sur la dénonciation de vingt citoyens actifs et sur l'ordre du Directoire du

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