‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 165 sur 217 · CHAPITRE VI. 3x · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 3x

J'ai été souvent, dit-il, nommé et menacé dans le mouvement qui a eu lieu samedi dernier, à l'occasion de l'exécution du jugement de Juliéron, et l'on n'a rien négligé pour me présenter comme méritant la haine et l'indignation publique. On a cherché à faire entendre aux personnes les moins éclairées en affaires de cette nature, que c'étoit moi qui avois jugé Juliéron et que j'avois le pouvoir de lui faire grâce ; c'est en conséquence de cette persuasion que l'on est venu chez moi, puis au palais, pour réclamer un adoucissement en faveur du condamné.

On a persuadé aux personnes plus instruites, et que le premier moyen n'eût pas pu séduire, que c'étoit moi qui étois l'auteur de la confirmation du jugement, que je l'avois sollicitée vivement pendant mon séjour à Paris, et que j'avois déterminé l'opinion des juges du tribunal de cassation.

C'est avec des insinuations de ce genre qu'on s'est efforcé de me faire immoler à des ressentimens particuliers, dont je ne puis trouver la cause que dans la conduite irréprochable que j'ai toujours eue. J'ai lieu d'espérer que ces manœuvres perfides n'auront pas le succès qu'on s'en est promis, et en plaignant ceux qui par méchanceté ou ignorance ont travaillé à m'arracher la confiance de mes concitoyens, ceux-ci ne pourront qu'approuver que je leur démontre avec évidence qu'on les a trompés, et qu'on m'a affreusement calomnié dans leur esprit, que je ne suis ni un mauvais citoyen, ni un scélérat dont on doit se défaire.

(Suit la démonstration complète qu'il n'a pas pris part f.u jugement et qu'il n'a point compromis sa dignité de magistrat par son intervention auprès des juges suprêmes.) Qu'on écrive, qu'on prenne des informations, dit-il en

3l6 SIXIÈME ÉPOQUE.

finissant, je consens à être à jamais rejeté de la société et couvert de honte et de blâme, si tout ce que j'ai dit n'est pas conforme à la plus exacte vérité !

Combien ma position est cruelle! Qu'on en juge. Quand mes affaires ont nécessité mon absence, on en a murmuré, on a paru exiger que je revinsse à mon poste ; m'y voilà rendu, et par des inculpations calomnieuses, par des prétextes pleins de mensonges, on cherche à me désigner pour victime au peuple que l'on égare.

Je n'ai pas fait assez de bien, je n'ai pas pu par des services publics et particuliers mériter jamais la reconnoissance générale et l'amitié de tous les habitans de cette ville ; mais je crois pouvoir assurer avoir toujours été et être toujours digne de l'estime et de la considération publique.

Bourg, le 8 juillet 1792, an IV de la liberté.

Signé: Valentin (i).

Une proclamation administrative du 12 juillet, que nous donnerons à sa date, confirma en quelque sorte la justification de M. Valentin du Plantîer.

Nous pouvons aussi invoquer le témoignage de Gauthier-des-Orcières qui, en alléguant son intervention dans cette affaire comme preuve de ses sentiments démocratiques, a fait connaître Fauteur du réquisitoire :

Merle, accusateur public, qui est un de mes dénoncia-

(1) Jean-Marie-Cécile VALENTIN, Commissaire du Roi près le tribunal de Bourg, A SES CONCITOYENS. Bourg, 4 p. in-4. — Ph. L. D.

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