CHAPITRE m. JOD
Grenadiers,
La patrie a été proclamée en danger : à cet appel, tous ses enfans se sont levés pour la défendre. Les gardes nationaux de l'empire sont en état de surveillance permanente, et leur courage n'attend que le signal de marcher à l'ennemi. Eh bien ! citoyens soldats de ce département, cet ordre vient de vous être donné Un général, ardent ami de la liberté, usant d'un droit que la loi lui donne, vient de réquérir la levée d'un bataillon des gardes nationales de ce département; vos administrateurs se hâtent de vous transmettre sa réquisition. L'ordre est donné, grenadiers; le signal de la marche s'est fait entendre, et vous êtes impatiens de partir...
Ce seroit méconnoître votre courage, que de chercher à l'enflammer eai.ore ; aussi vos administrateurs n'ont pas besoin de mettre sous vos yeux le tableau des traitemens humilians et barbares que vous feroit essuyer un ennemi vainqueur. Ils ne vous diront pas : voulez-vous laisser ravager vos propriétés, abandonner vos femmes et vos enfans au fer de l'ennemi; ou préférez-vous d'aller combattre sur les frontières de l'empire. Ils ne vous diront pas : voulez-vous soumettre de nouveau vos champs et vos personnes à l'insolente féodalité, à la tyrannie fiscale, courber vos têtes sous le joug du despotisme, souffrir que Il souveraineté et l'indépendance du peuple français soient avilies ; ou préférez-vous de marcher à l'ennemi. Ah ! vous repousseriez avec horreur la main qui, insultant à ^ otre courage , oseroit vous présenter le tableau d'une Eussi humiliante alternative, et vous vous écrieriez, en courant aux armes, la liberté ou la mort... yi).
{i) Arrêté de V Assemblée administrative du département de l'Ain, your la levée dun bataillon de Grenadiers suivi d' une Adresse du Conseil f'énéral aux grenadiers. Séance permanente. Pièces sans date. Bourg.