‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 20 sur 217 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

êtes françois ? Quel démon vous agite au moment qu'on

s'occupe d'améliorer votre sort? Quand on vous f. des

coups de bâton, vous étiez plus tranquilles, vous receviez

la schlague comme des jean-f. ; et maintenant que

d'honnêtes gens travaillent à vous rendre plus heureux, à faire de vous des hommes, car on faisoit moins de cas de vous que de vos chevaux, vous faites un boucan infernal ! Je ne vous conçois f..... pas, ou le diable m'extermine. On diroit que vous voulez f..... tout en capilotade et faire une omelette de la France. Ma foi, pendant trente ans que j'ai servi mon pays et mon Roi avec honneur, je n'ai jamais vu un pareil carillon. Mais tonnerre de mille dieux

..... Dans une armée tout le monde ne peut pas être général. Il faut de l'obéissance à la discipline militaire et de la subordination, sans quoi, si tout le monde veut commander, être le maître, tout va à la f. Quand ma tête

commande à mon pied, si mon bras partoit, je ne saurois

marcher; or, mon bras seroitun jean-f Dans un grand

corps, il en est de même ; tous les membres qui le composent doivent obéir au chef, surtout quand c'est au nom de la Loi reçue que le b commande.

Qui n'obéit pas dans l'univers? Le soleil lui-même, cet

ïstre majestueux qui éclaire encore plus de jean-f. que

l'honnêtes gens, n'obéit-il pas aux lois éternelles du grand gér éral des étoiles ? Le tonnerre casse-t-il les vitres et met-il tout en poudre sans ses ordres? Le vaste Océan si beau, si imposant, manque-t-il jamais deux fois par jour i l;i retraite? La terre manque-t-elle à faire sa course iournalière? Tout obéit dans ce monde; et des insectes ranipans ne le voudroient pas parce qu'ils ont un dard ie fer et quelques poils sous le nez ! Ah ! la farce est risible. . .

Ecoutez, il y a trois choses bien essentielles à

défendre, à protéger; trois choses qui ne peuvent être séparées et qui font une espèce de Trinité : c'est la Nation, la Loi et le Roi. Je veux que vingt-cinq mille diables m'entrent dans le ventre, le sabre à la main, si dans ces trois choses-là vous ne trouvez pas tout ce qu'il faut pour être pénétrés des grandes obligations que vous impose votre état. La Nation , mais c'est

vous La Loi, c'est la volonté de la Nation, c'est

après elle ce qu'il y a de plus sacré. Le Roi, c'est le premier ressort qui fait aller la Loi, ressort qu'il ne faut pas briser, parce qu'il doit indiquer à chaque heure du jour la justice et l'ordre immuable sans lesquels rien n'est d'accord. Aimez donc, et beaucoup, la Nation qui est vous, la Loi qui est votre volonté, le Roi qui vous représente

Savez-vous que vous nous couvririez de honte et d'ignominie aux yeux de tous les peuples du monde si, plutôt que d'obéir à l'honneur, d'être soumis à la Loi, vous vous

comportiez comme des jean-f. ? Savez-vous que vous

faites mourir le Roi de chagrin, ce bon prince qui fait tout pour nous?... Pouvez-vous désirer rien de plus que d'être respectés comme les vrais défenseurs de l'Etat, de parvenir aux honneurs avec de la bravoure et du mérite, que de n'être plus humiliés, tyrannisés pour des vétilles , déshonorés pour des foutaises. Jurez tous, chers camarades, sur ces sabres redoutés de l'ennemi, que vous serez fidèles à vos sermens : car un serment est une chose sacrée ; un i^arjure est un misérable, un homme à crosser à coup de pied dans le ventre, à traîner dans la boue. Soyez sûr qu'on est plus heureux cent mille fois en se soumettant à des loix justes et sages, qu'en suivant les caprices d'une f .... tête exaltée, qui fait qu'on boucaneroit, comme des f,....

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