CHAPITRE VIII. I
religion et l'État dans le sein de la paix et de la plus parfaite harmonie, de conserver les jours de notre Roi, devenu plus cher à son peuple depuis qu'il est devenu citoyen, de protéger toujours la Nation et de répandre sur elle les bénédictions du ciel et les prospérités de la terre (i).
Une société s'était formée à Paris, en 1789, dans le but d'exalter les bienfaits de la Constitution naissante et de surveiller les ennemis du bien public ; elle s'intitula Société des Amis de la Constitution et eut en province de nombreuses ramifications. Au mois de novembre 1790, plus de cent vingt villes, petites ou grandes, possédaient leur club ou leur Société populaire des Amis de la Constitution. De ce nombre était Ambérieu en Bugey. d'après la liste des affiliations 2).
Un autre document nous révèle l'existence de la Société des Amis de la Constitution d' Ambérieu, et nous fait connaître les principaux membres : Joseph Bonnet^ Henri Corbet, Corréard, Savaî'in et Montagnat : c'est un arrêté de la ville de Lagnieu qui déclare inconstitutionnelle et attentoire à V autorité des corps institués une lettre de ladite Société en date du 17 janvier 1791, et ordonne qu'elle sera lacérée et brûlée en place publique; que défenses sont faites à toutes péril) Procès-verbal de la prestation de serment du curé de Montréal. Ms. de 4 pages. — C" D.
(2) B'jchcz et Roax, Histoire parlementaire de la Révolution française. t.VIlI, p. 102.
sonnes de quelque qualité et condition qu^elles soient, de reconnoîîre la Société des prétendus Amis de la Constitution établie à Ambérieu, à peine d'être dénoncés et poursuivis comme ennemis jurés de Vordre, anti-patriotiques et perturbateurs du repos public ; qu'extrait du présent arrêté sera imprimé et envoyé à chaque municipalité du district avec invitation de dénoncer au Directoire du département et à V Assemblée nationale la prétendue Société des Amis de la Constitution comme inconstitutionnelle, perturbatrice de Vordre, aniipatriotique et attentoire à la liberté des lois; que déplus, supplication sera faite à M. le président de V Assemblée nationale de solliciter auprès du Pouvoir exécutif pour obtenir la dissolution d'une assemblée qui semé la crainte et la terreur dans le cœur de tous les citoyens (i ).
N'est-ce pas là un beau type de foudres municipales ? Et quel grand crime avaient donc perpétré ces amis de la Constitution ? Ils s'étaient tout simplement défendus contre les prétentions de Lagnieu et d'Ambronay à supplanter Ambérieu comme chef-lieu judiciaire du district.
Nous avons vu au chapitre précédent que le discours de Groscassand-Dorimondsurle serment
(i) Extrait des Registres de VHôtel-de-Ville de Lagnieu. Du a4jan,' vier 1791. Lyon, 1791, 8 p. in-4». — Ph. L. D.