‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 61 sur 217 · CHAPITRE IX. I l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. I l

1 2 juillet 1 790 sur la Constitution civile du Clergé.

Deux candidats étaient proposés : le père Pacifique Rousselet, prieur des Augustins de Brou, et M. Royer, curé de Chavanne, député du clergé franc-comtois.

Le Jour de l'élection, Thomas Riboud prit la parole en qualité de procureur-général-syndic, et conseilla un bon choix sans faire allusion ni à Tun ni à l'autre.

Messieurs, dit-il aux e'iecteurs, chargé par la loi de la convocation de cette Assemblée, j'ai cru qu'il étoitdemon devoir de vous présenter quelques observations sur son objet principal (i). Le choix de l'évêque est un des plus sérieux que vous ayez à faire ; il doit influer considérableirent, soit sur l'avantage de la religion soit sur la prospérité du département. Je n'abuserai point de vos moments pour vous développer l'importance de cette élection et les suites qu'elle peut avoir ; vous en êtes pénétrés, Messieurs, et nous devons attendre avec confiance le pasteur que vous allez nous donner. Nous aurons certainement à vous rendre grâce d'avoir placé à la tète du clergé un ecclésiastique pieux, éclairé, prudent, un citoyen dépouillé de toutes préventions particulières, un Français persuadé de la sagesse d'une Constitution qui détruit les abus et prépare à la France des jours de grandeur et de prospérité (2)

(1) Outre un évêque, il y avait à nommer un juge de cassation (on nouma M. Martinon),à remplacer un membre du Directoire, M. Racle, et d'autres administrateurs.

(2) Discours prononcé par M. Riboud. procureur-général-syndic à To.tverture de l'assemblée des électeurs réunis le 6 février jygi.pour frocéder au choix d'un évêque. Ms. de 8 pages. — Pli. L. D.

Il6 QUATRIÈME ÉPOQUE.

La majorité des électeurs se prononça pour M. Royer, qui fut l'un des premiers évêques constitutionnels en fonctions.

Il se mit bientôt, dît l'abbé Cattin, à parcourir son diocèse, semant partout l'esprit de révolte contre l'Église dont il déchirait l'unité, et contre le Souverain-Pontife dont il méprisait et foulait aux pieds les anathèmes. Il s'était occupé, dès qu'il l'avait pu, à remplacer partout les pasteurs, fidèles par des prêtres jureurs. Le dimanche du Bon Pasteur (2 mai) avait été choisi pour les installer en même temps dans tou': le diocèse. C'était un outrage fait au souverain Pasteur des âmes, et une contradiction avec l'Évangile de ce jour. Mais M. Royer se disait le pasteur légitime, et s'irritait qu'on ne le reconnût pas en cette qualité, qu'on évitât d'assister à «a messe et à celle des -prêtres de sa communion. On vint lui parler un jour contre les religieuses de la Visitation de Belley qui, chassées de leur couvent et dispersées dans la ville, mettaient un grand zèle à entendre la messe dans les lieux où célébraient encore les prêtres catholiques, et évitaient avec soin de communiquer en rien avec les prêtres constitutionnels. Le. bon remède pour guérir ces femmes, dit ce tendre pasteur à ceux qui étaient auprès de lui, ce serait de les fouetter publiquement . Un membre de la mairie présent (M. Nivière) s'étonna de ce propos barbare et lui dit franchement que ces paroles étaient bien inconvenantes dans la bouche d'un évêque. Il eut honte et se tut...

Gomme M. Royer était dépourvu de prêtres pour remplir les postes vacants, il imposait les mains à tout ce qui se présentait : à de simples maîtres d'école, à des sujets tarés, exclus autrefois du séminaire. Heureusement M. Royer n'eut pas le temps de faire beaucoup de mal

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