‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 88 sur 217 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

chaque membre prêta serment, et la musique militaire répéta chaque fois Pair patriotique : Ça ira. Au Directoire de PAin succéda celui du district. Après quoi, la municipalité prit place aux balcons, et l'un de ses officiers, M. Cochet, n'imita point la modération de ses devanciers en parlant de l'infortune du roi :

Citoyens, Amis et Frères !

Ils sont passés ces temps malheureux, où des êtres privile'giés disposoient sans frein de la fortune, je dirai même de la volonté et de la vie de plusieurs millions d'hommes qu'ils ne craignoient pas d'appeler leurs sujets. La bienfaisante philosophie commandoit l'étonnante révolution qui nous a rétablis dans des droits sacrés et inahénables. .. La Constitution qui brise nos fers pour jamais touchoit à sa fin ; le fanatisme, ce monstre hideux avoit poussé ses derniers hurlements ; il soupiroit à peine ; le délire se fait entendre et inspire le projet le plus insensé : mais que peuvent le désespoir et la rage contre la raison et la volonté immuable d'une providence protectrice ? Restons unis. Citoyens, et tous les efforts des ennemis du bien public seront impuissants. Vos dieux tutélaires ont déjoué leurs tentatives absurdes: ils sauront même leur ôter jusqu'à l'idée d'en concevoir de nouvelles (i)...

Après ce discours, le serment fut prêté par la municipalité, les magistrats, le curé, ses vicaires, et par M. Piquet, député, qui était alors en congé.

(i) Détails relatif i déjà cités, p. 7.

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