‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 89 sur 217 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Enfin M. Dandelin, commandant de la garde nationale, prononça le serment militaire, tel que nous Tavons rapporté ci-dessus, et tous les officiers et soldats, tant de la garde nationale que du 21^ régiment de ligne et du 4^ de chasseurs, le répétèrent, dit le compte-rendu, avec le plus grand enthousiasme.

A Toccasion du départ du roi, la Société des Amis de la Constitution de Bourg seconda, par une véhémente exhortation, l'appel des citoyens à la défense de la patrie.

Frères et Amis,

C'est dans les crises violentes où se trouve la chose publique, que le patriotisme doit se montrer dans tout son éclat. Un Roi, jusqu'ici l'idole des Français, vient de s'échapper furtivement du palais de ses pères, et sa fuite inattendue eût fait sans doute éclore les plus sinistres événements si l'Eternel, qui préside aux destinées de cet Empire, n'eût déjoué les complots des méchants.

Le Roi vient d'être arrêté dans sa fuite, mais la France est-elle pour cela sans alarmes ? Non sans doute, et c'est dans cet instant critique, Frères et Amis, qu'il faut s'assurer d'un nouveau courage et déployer toute l'énergie de la liberté. Fut-il jamais occasion plus favorable ! trois cent mille gardes nationaux ont ordre de se rassembler. Accourez, citoyens soldats de ce département, venez vous enrôler, pressez- vous autour des drapeaux de la patrie...

Ce n'est plus ici, Frè^^es et Amis, une intrigue de cour,

les caprices d'une femme, l'ambition d'un ministre, un vil intérêt de commerce, qui vont,- comme autrefois, vous mettre les armes à la main : c'est la patrie en danger qui vous appelle; c'est votre liberté qu'il faut défendre ; c'est la Constitution attaquée qui demande l'appui de vos bras...

Accourez, citoyens...

Vous, surtout, jeunesse brillante, la fleur de nos villes, l'espérance de l'État, vous en qui le feu de l'âge augmente encore l'ardeur du patriotisme, rendez-vous en foule à vos municipalités, disputez-vous l'honneur d'être inscrits les premiers sur le rôle des guerriers citoyens !.. .

Et vous aussi, jeunesse laborieuse, qui peuplez nos campagnes, qu'une égale ardeur vous embrase ! Déjà vous avez goûté les douceurs de la Constitution nouvelle; déjà vos champs et vos personnes sont libres des entraves de la féodalité . . Craignez une contre-révolution qui vous rameneroit à la condition de vils esclaves. Craignez le retour de la gabelle, des dîmes et du casuel ; craignez surtout celui de la chicane, de ce monstre aux cent mains, qui achevoit de vous enlever ce que les quêtes de tous les genres, les impôts de toutes les espèces, les amendes pour fait de chasse, de pêche et de contrebande, avoient laissé dans vos greniers. Hâtez-vous de vous enrôler, armez vos bras robustes.

Que le fanatisme, après cela, vienne agiter sur nos têtes ses torches funèbres; que les mécontents forment des complots insensés ; que les despotes étrangers cherchent à les fomenter et à les- mettre à exécution : que peuvent ces efforts impuissants contre la volonté souveraine de vingt-cinq millions d'hommes ? Nous voulons être libres, et nous serons libres. Nous voulons que la Constitution s'affermisse, et la Constitution sera affermie. Vivre libres ou mourir: voilà notre devise; nous l'avons juré. Et le

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