LIVRE SELVltME. — CHAP.^ III
incnl (le haine cl de coh*re. — « Oui\déclarons- Icur donc ^une guerre ouverte et à mort^ s' écrie IJubayet ; car c’est le seul moyen de purger la république de ces hordes contrerévolutionnaires et royalistes. »
Ilochb, comme gênerai en chef, commandant les . côles, de Bretagne, dut toutido'is se préoccuper on particulier des événejncnls que les circonstances ne pouvaient man(|uer d’amcnbr. Voici ce que sa coi'respondanco, ce.lle de ses généraux et des représentants nous apprennent sur les dispositions militaires qui furent prises dans le double but de contenir les insurgés et. de' repousser les Anglaise! l’éroigratipn, s’ils sè préseht aient sur nos 'côtes. ... . '
Fort de 45 à 50,000 homines de troupes'effec-r ■tives, il avait au 1." floréal, époliuc où la divisiom des deux armées de Brest et de' Cherbourg fut de '' nouveau opérée, plus de deux mille lieues 'carrées ù occuper, trois cent cinquante lieués de côte, h défendre, cinq départements à coiitenir. Ne pou- ,vant satisfaire à tous les besoins du service, il était en butté à de fréquentes dénonciations de- la part des-adminislrations locales, et plusieurs ‘fois il s’était trouvé contrarié dans l’exécution de ses'
' plans par des arrêtés .pris pour suspendre le
LA BIÎVOLCTIOÎI EK EBETACKE. "^9
départ des ' corps qu’il appelait d'un point h l’aulre. Les Représentants et le Comité de Salut Public lui avaient- cependant fait espérer qu’une force de 10 à 12,000 hommes serait détachée du nord pour renforcer l’année qu’il dirigeait. Mais, les hostilités venaient d’èlrè reprises' Saris quexe renfort lui fut arrivé, et noiis. avons vu au chapitre précédcnlque le Comité en était à remplir scs promesses à cet égard. Le jeune général sut cependant faire face ù tous les besoins du moment. iV’ay.aut <que peu de troupes disponibles, à raison des fortes garnisons qiio réclamaient Rennes, Saint- Malo, Port-lîrieuc, Vannes, Brest, Lorient et Belle- Ile surtout, OH il cantoun.i 5,600 hommes, il trouva le moyen d’aviser simultanément h la sûreté des cotes et des chefs-lieux de district. 'Informé par .le général Cartcaux,qui commandait àCherboui ’o» des mouvements cffe^ctués'à Jersey, il jugea que le plus sûr moyen de s’opposer aux projets de rênnemi serait d’avoir, en des lieux convenablement placés, des camps présentant des masses avec lescpielles il se porterait rapidement sur les points menacés. La Lande de Meslin , près Lamballo , également rapprochée des roules qui loivgent la côte et de celle <jui conduit dans le Morbihan par Monicohtour et Ponlivy , fut le premier point
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qu’il fit occuper par un corps de raillé grenadiers sous les ordres du général Leraoine. Muzillac, pour le Morbihan; et Saint-Renan, poiic le Finistère, furent les autres postes qu’il désigna pour la concentration des; forces qu’il destinait aux ' raouvements que les circonstances exigeraient. Et se -proposant ensuite.de déjouer la jonction que les rebelles de la Mayenne, de la Basse-IVormandie et de la Bretagne ne manqueraient pas de tenter , ainsi que '1 indiquait leur correspondance, il envoya des travailleurs et des iugëi\ieurs '' $ur la ' ligne naturellement fo..rinée ' par. la Rance, l’Ille et la Vilainç ,daus le but de faire couper les ponts ' placés sur ces rivières, de fortifier Dinan, Hédé , Rennes, Pont-Réan et‘16s autres points qui devaient assurer lé cours de ia*^Vilaine jusqu’à Redon
et Roche-Sauveûr. ‘ ‘ • .
Telles furent les vues générales qu’il développa dans sa correspondance, et, pressant les repré-" sentants de l’aider de leurs pouyoû's pour, contenir les indisciplinés, il provoqua des mesures parmi lesquelles nous remarquons les arrêtés de Guczno et de Guermenr, qui prescrivirent* l’établissement d’un conseil de discipline par corps
et de trois tribunaux militaires, dont les sièges*
forent -Rennes, Vannes et Brest. Ces arrêtés por-
li BÉVOLUTION EN BRETAGHB.
talent les peines les plus sëvèreg contre les soldats fjui se livraient an pillage et les officiers qui le toléraient; mais, impuissants contre l’ëtat de misère et de dénuement profond où se trouvaient les troupes, les représentants eux-mêmes et le général ne tardèrent point h s’apercevoir que ces mesures de police no pouvaient rien contre le cri de la faim qui tourmentait incessamment les défenseurs de la république. Vainement, les mêmes représentants avaient-ils ajouté que , sous aucun prétexte, la force armée ne forcerait le domicile des citoyens, sans la présence d’un commissaire civil: les soldats , ainsi que nous l’avons rapporté , poussés par la faim , enfonçaient les portes, quand on ne -les leur ouvrait pas; et ,. enlevant tout ce qu’ils trouvaient , ils égorgèrent souvent les malheureux paysans qu’ils avaient spoliés. Et, cependant, quand Hoche et le représentant Corbel se
rendirent,, vers la fin de floréal, au camp de • • • .
Meslin, ce n’étaient plus LMes seuls maux qui travaillaient l’armée. Le soldat , las des dures privations qu"’il endurait depuis si long-temps, tenté par l’or et les promesses des chouans, désertait en masse ; et , en même^ temps qu’on était obligé à Brest de fermer les portos de la ville pour que les vaisseaux de Villaret ne restassent point sans