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que «i les rebelles en firent les plus grands frais , ‘ ils en retirèrent aussi 'une expërience qui jes familiarisait avec l’ennemi et avec le système' de guerre que Georges allait bientôt pratiquer. Il' . est à croire toutefors que si, dans ce moment ^ Hoche n’avait point rappelô à Bennes deux bataillons de la colonne de Josnet, et que, d’une autre part, ce* dernier eût inspiré plus de conr fiance' aux troupes et montré plus' de sévérité pour la discipline , il est à croire , dis-je., d’après, ce qu’exposèrent les administrateurs du Morbihan dans leur rapport , quo-la guerre de la chouan- Uerié, avec des cantonnements bien disposés et des foniiles poussées- -avec activité , pouvait être presque terminée de cette fois dans celte partie, de la Bretagne. Pendant huit h dix jours, en effet, les réquisitions de grains se fournirent sans résistance , les soumissions se -multiplièrent,.
point pris part aux afTaircs précitées. Ce que nous pouvons dire , c’est que .noire récit est extrait du rapport circonstancié de l’administration, dé-parlemèntale du Morbihan , sous la date du 28 prairial , et de cinq lettres en fornàe do rapports des représentants Brue et Corbel sur les mêmes affaires. ■ ' ,
V LA BÉVOLtîTIOM EN BRETAGNE.
et celte défiance qui s’était depuis long-temps manifestée contre les gentilshommes qui passaient pour exploiter à leur profit i’indigliation du pays, se montra plus acerbe el plus violente que jamais.
-T- Mais telle ne devait pas être encore l’issue do la lutte L 13rue et l’administration départementale se plaignirent touc-.à-tour de Jo§net et de Hoche, de l’indiscipline des troupes qui revinrent chargées de. butin, laissant sur leur route des maisons dévastées et leurs habitants égorgés; mais ces plaintes, non plus que la dispersion instantanée ‘ des chefs de la rébellion, ne purent réduire celle-ci à l’impuissance. A peine , en effet , Grand-Champ, Saint-Bily et Carnors ont-ils été forcés par les républicains, -qu’Hennebont et Lorient sont menacés aii point que l’administration du district se replie de la première de ces villes vers la seconde , qt que les insurgés viennent jusque • dans le port et sous les murs de celte dernière enlever des grains et des munitions. Dirigée par Lanlivy et Leissègues , qui ont pris part h la lutte «£ul vient d’avoir lieu , une autre bande so fait passage dans le Finistère et péqètrc jusqu’h la manufacturo do poudré du Pont-de-Buis , d’où elle enlève, sur trois chariots dix milliers de poudre. Singulière expédition , qui dénote tout le.
IITBB HECTJiM». CHAP. II.
génie des rebelles et en même temps 4oole l’in- ' curie de certains chefs républicains, -qui, comiAe les généraux Chabot et Klingler, laissèrent un magasin à poudre sur la ligne des pays insurgés sans autre garde que douze à quinze hommes de garnison. ^
L’enlèvement des poudres de la manufacture du Pont-de-Buis, placée dans l’une des gorges les plus profondes du pays, sur. la route -dç Châteaulin'è Landerneau , est , en effet , l’un des actes les plus audacieux de la chouannerie. Le ^ Finistère n’avait point encore été jusque-là entamé par les rebelles ; les chouans venaient d’être défaits^ et trois 'représentants étaient réunis- à Quimperlé : cette place , Lorient , Quimper et Brest étaient pourvus de corps plus ou moins nombreux que "dirigeaient Evrard, Meunier j Klingler et Chabot , et c’est dans ce lîloment que deux chefs de chouans ,' Leissègnes etLantivy, conçoivent le' projet de se porter rapidement vers le Pont-de-Buis , pour enlever de ce magasin les «poudres qui s’y trouvent. Le Faouè't , Gourin , Seaër, Carhaix', Châteaulin, toutes , villes plus ou moins populeuses , se trouvent comprises dans les dix-huit à vingt lieues qu’ils ont à' parcourir ‘et cependant rien ne les arrête. Suivis de,5 à 600 .
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Morbihannais, iis tournent ou évitent ces villes et les colonnes républicaines, de manière à arriver à Edern par trois routes différentes, dans la nuit du 28 prairial an •’III (1& juin 1795). Quelques prêtres insoumis,, et” des émiyrés qui ' ont leurs domaines dans les paroisses de Laz , Leuhan , Saint-Goazec et Trégourez, ont favorisé leurs mouvements. S’occupant aussitôt de se procurer les voitures et les chevaux qui'doircnt servir è exécuter leur coup de main, ils parcourent les villages d’Ederii et de Briec, se font suivre de ceux qui leur sont dévoués, et intimident les autres par l’assassinât d’un instituteur et des curés constitutionnels d’iîdern et de Briec , qu’ils arrachent de leurs lits à la hieur des flambeaux (1).
Le lendemain , 29 prairial , ils arrivaient au Pont-de-Buis vers midi. Ayant passé par le vil-
(1) Le malheureux curé de Briec, qui avait été prévenu par des gens d’Edern du danger qu’il co'irrail en restant coucher à sou presbytère, avait répondu que, çtioi^çui/ arrà'd}, son devoir était de rester à son poste. Le lendemain malin, *lès commissaires du dépar-* tement le trouvèrent étendu dans sa cour, ayant une ^ balle au front cl une, ouverture au-dessus du cœur. Sou chien seul était à scs côtés. • ' ,
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lage de Sairif-Sëgal, et s’y ëlant emparés du curé constitutionnel, ils le traînèrent jusqu’à deux cents toises de la njanuracturc et l’y fusillèrent ,
donnant ainsi à leurs gens le' signal de l’attaque. L’enceinte de la manufacture fut aussitôt en- ' vahie par 2C0 hommes. Tandis que le reste de la troupe gardait les hauteurs du lieu, la porte principale de l’établissement et deux autres po'rtes du parc furent enfoncées. Les douze ou quinze vétérans ayant la garde du poste, furent désarmés, et le citoyen Campourcy , chef et gardien du dépôt , fut forcé d’assister à Tenlèyement des poudres du magasin et de ceHes qui étaient au séchoir. La caisse , renfermant dix-huit raille et
quelques cents livres , fut également enlevée. Quelques ustensiles et les poudres que les insurgés ne purent placer sur les charrettes dont ils s’étaient pourvus, furent jetés dans le cânal'dont lés eaux alimentent l’établissement. Aucun autre dégât ne' fut toutefois comjjiis, cl, soit précipitation ou ordre exprès des chefs, en vue de prévenir des retards qui eussent pu être funestes au ■ corps entier des rebelles, ils se retirèrent sans coup férir-, se dirigeant, avec leur butin, ‘vers Pleyben , où ils assassinèrent encore le curé cons-* tilution'nel , un ofEcicr municipal et l’instituteur...
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Deptiis deux jours prévenues dé leurs mouvements, des colonnes, parties de Quimper, de Landerneau, de Chîiteaulin, de Carhaix, de Quimperlé, étaient cependaitt à leur poursuite; m^is elles ne savaient quelle route tenir pour les aU teindre , tant les rapports reçus étaient contradictoires ou incertains.' Fischer , chef du 3.* bataillon de* la 14J.‘ demi-brigade, no les manqua cÉrpendanf que de quehjues minutes , en remontant de Carhaix à Chûteauheuf par Landeleau, où il passa un instant avant que les insurgés y arrivasseut. Mais ceux-ci atteignaient déjà Salnt- Ifernin ,* Mottreft’ et Pleurln ; ils gagnèrent Glomel et Trégarantec*, pendant que les chefs républicains, Chabot, Robinet et' Fischer, réunis inopinément à Carhaix, y combinaient leurs mouvements, pour s‘o porter vers Gourm et le Faouet, pensant rpie l’eiineini rentrerait da^ls le Morbihan paè les approches de Pont Calleck et du Guéinoné, d’où rexpédition paraissait être partie. Mais cctfe méprise et quelques malentendus entre ra'dmlnlstralion 'civile de Carhaix et les chefs mi-
lit aires donnèrent une avance considérable tiux
bandes de Lanlivy et dcX«elssèguos , il no fut plus possible do songer à les atteindre. . ’ ' . ,
Ainsi qü’on peut le croire, cependant ,* le Mor-
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bihan ne devait pas être le seul théâtre de la guerre. Une lettre dti général Auberl-Dubayet , datée du 10 prairial, c'est-à-dire du jour même où Grand-Champ était attaqué, nous apprend qu’un convoi de grains rentrant à Laval, fut inquiété par une forte Colonne de choqans , et que l’affaire s'engagea .avec assez de vivacité pour qu'une centaine de rebelles restassent sur le champ de bataille. - ' ' ;■
Les choses ne se passèrent pas autrement dans les Côles-du-l\ord: le conseil supérieur 'des in-' surgés s’y était tenu pendant .long-temps; les Anglais et les émigrés croisaient constamment en vue de’la'cête, y versaient des armes et de l’or chaque fois qu’ils' en trouvaient l’occasion ; et si ■ d’une part Boishardy et, les bandes. nombreuses . .qu’il dirigeait , s’étaient montrés peu disposés à la paix; d’une autre, les généraux Le Moine et' Vallfitaux , qui commandaient les troupes cam- pées à Meslin et sur la côte , n’ayaient pas un désir moins prononcé pour la reprise-des ' hoslilités. Les lettres que l'un d’eux venait de- saisir leur
avaient en effet démontré. que la guerre était le seul moyen de déjouer^ les projets de l’ennemi.
Ib y étaient en outre portés d’un manière irré-
sbtible'par b position du soldat et des 'of&ciers ,
Il HÉVOU)TIOH,KH BRBTAGHB.
qui, privés do solde, du vctemenis et de subsislances, s’affranchissaient chaque jour de la dis-, cipffne , et u’âvaient plus d’autres moyens de se nourrir que de ’se porter en armes chez les habitants qu’ils maltraitaient et égorgeaient qnelquefois.-Or, le général Le Moine était actif, vigilant, et tonjours disposé à payer de sa personne pour
toute entreprise qui devait servir sa haine contre ___ ^ ^ •
les royalistes. Déjà ilàvàit plusieurs fois vivement inquiété les membres du comité et les chefs de l’armée* calhoüque ;* il en avait lui-même surpris ou fait saisir quelques-uns , tels que Solihac : il ne lui fallut pas d’ordres réitérés poureju’il s’empressât de mettre à exécution les nouveaux' arrê- .tés pris parles Représentants à Ja suite de l’arrestation de Cormalin. Mais, aussi diligent que . * • • . • * •* > • lui, Roishardy, qui devait faire f objet principal
-de ses recherches, parût échapper à ses ppursui-*
tes au moins pendant quelques jours. Cependant , l’un des derniers jours de prairial , un transfuge*, qui avait une première fois abandonné les rangs républicains pour passer dans les bandes'de Bois- . hardy,^int trouver le général Le Moine, et traita avec lui , dit -on , de la prise du chef des rebelles. Un détachement do là Gironde , commandé par ^un capitaine nommé Audillas, se mit aussitôt en
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route , et se trouva à trois heures du matin le 27
prairial , près l’un des champs de la Ville-Hén'é en Bréhand, non loin de Moiitcontour. — Bois- Hardy, qui redoutait une' surprise, avait fait suspendre son hamac aux branches de l’un des pommiers de ce champ , et il y passait la nuit avec une jeune feinrac , sa Vnaîlresse, quand fun des affidés, duquel on tient ce récit, l’averlil que le camp où il’ se trouvait' était cerné.
(I Reste dans ce liamac/ue bouge pas , dit Boishardy
.’i la femme qiti parütgeail sa couche, pctil-élrc ne swastu pas découverle , cl dans tous les cas,^il est probable qp’ils ne te feront pas de mal. n - ,
Et -Boishardy, accompagné de cinq de ses gens, s’élance et se trouve bientôt hors l’atlcinlc des républicains. — Blais le jeune, chef (il avait, alors 32 h 33 ans) veut savoir 'ce qu’est devenue sa compagnp , et il revient sur ses pas se glissant le long des fos.sés pour s'informer de la situation de celle qu’il a un instant abandonnée... Malheureu^ sement il est aperçu, un grenadier .lui tire un coup de fusil et .l’atlejnt dans les reins. Tl veut, franchir une haie , retombe , et périt sous les "coups des républicains. Le transfuge qui l’a livré le reconnaît, tire son sabre, et lui en tranche la tête. Cette dépouille e.st aussitôt mise au bout .
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. ■ Ik BÉVOUJTIOH BH iTnBTAGnB. 75
d’uné-baïonnerte, et, au l(îvcr du jour , des tniséral)les la proincuaicnt h Brehand et dans les rues de Lamb'alle! Hideuse atlrocilé que Hoche flétrit dés lignes suivantes :
« A l'adjeJanl'général Crublicr,
» Je sujs indigné de la conduite de ceux qui ont souf- , fert que l’on promenüt la télé d’un ennemi ^vaincu t pensent-ils, ces êtres féroCcs, no'us rendre témoins des horribles scènes dé la Vendée? Il est malheureux mon* cher Crnblier, que vous ne yous soyez pas trouvé là’ pour empêcher ce que je regarde comme un crime envers I homieur, l'humanité, et 'la géuérosilé français^. S^ans perdre un moment, vous voudrez b’ten faire arrêter les officiers qui commandaient le détachement de grenadiers et ceux d’entre eux qui .ont coupé ou promené la tête de Boishardy, ... . " -
» Rennes, ce 20 prairial an ITI.
» Le général en chef,
■ ■ . » UOCHB.'»
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