LIVRE DOUZIÈME
« Que serait un peuple sans gouvernement , et que « deviendrait pour le peuple un gouvernement «avili? (Très-bien!)
« j'arrive aux trois questions que vous avez « posées : un délai de dix jours de plus pour les « élections de la garde nationale.
« Nous avons à cet égard dans des délibérations « préexistantes , nous avons cru prévenir et les « vœux légitimes du peuple et vos propres désirs. « On nous avait représenté que cette masse iinpo- « santé , solide, patriotique, républicaine de la « population qui forme l'immense élément popu- « laire de Paris n'avait pas eu peut-être le temps « de se faire inscrire sur ces listes, et d'entrer ainsi * dans le large cadre patriotique où nous voulons « désormais enserrer toute la force publique. Nous « avons d'abord ajourné à huit jours ; nous avons a ensuite ajourné jusqu'au 25 mars. Je ne puis pas « me prononcer seul, et je ne le voudrais pas en ce « moment sur les résultats de la nouvelle délibé- « ration qui pourra avoir lieu sur cet objet; mais « vous avez quinze jours en tout pour vous inscrire.
« Quant aux troupes, j'ai déjà répondu avant- « hier à une des associations patriotiques dont « vous faites partie : la question n'existe pas. il n'y « pas de troupes à Paris, si ce n'est peut-être « quinze cents ou deux mille hommes dispersés « pour les postes extérieurs, pour la protection des
« portes et des chemins de fer, et il est faux que le « gouvernement ait songé à en rapprocher de a Paris. Il faudrait qu'il fût insensé , après ce qui « s'est passé , après que la royauté déchue a vu (( se fondre quatre-vingt mille hommes de troupes « contre le peuple désarmé de Paris, pour songer à « lui imposer avec quelques corps d'armée épars et « animés du même républicanisme , des volontés « contraires à vos volontés et à votre indépen- « dance ! Nous n'y avons pas songé, nous n'y son- « geons pas, nous n'y songerons, jamais. Voilà la a vérité, rapportez-la au peuple; sa liberté lui « appartient parce qu'il l'a conquise; elle lui ap- « partient parce qu'il saura la garder de tout dés- « ordre! La République à l'intérieur ne veut d'autre « défenseur que le peuple armé.
« Mais quoique ceci soit la vérité aujourd'hui, et « que nous vous déclarions que nous ne voulons « que le peuple armé pour protéger ses institutions, a n'en concluez pas que nous consentions jamais à « la déchéance des soldats français. — (Non ! non ! « bravo!) N'en concluez pas que nous mettions « notre brave armée en suspicion, et que nous nous « interdisions de l'appeler même dans l'intérieur, « même à Paris, si des circonstances de guerre « commandaient telles ou telles dispositions de nos « forces pour la sûreté extérieure de la patrie !
(( Le soldat, qui n'était hier que soldat, est au-