‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 136 sur 244 · LIVRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIEME

ce de les recevoir. Je l'ai déjà dit à propos de la te Suisse , à propos de l' Allemagne, à propos de la c< Belgique et de l'Italie. Je le répète à propos de « toute nation qui a des débats intérieurs à vider a avec elle-même ou avec son gouvernement : « Quand on n'a pas son sang dans les affaires d'un « peuple, il n'est pas permis d'y avoir son intérêt vention ni sa main. Nous ne sommes d'aucun « parti en Irlande ou ailleurs , que du parti de la « justice, de la liberté et du bonheur des peuples, o aucun rôle ne nous serait acceptable , en temps «de paix, dans les intérêts et dans les passions « des nations étrangères. La France veut se réserver « libre pour tous les droits.

« Nous sommes en paix et nous désirons rester « en bons rapports d'égalité, non avec telle ou « telle partie de la Grande-Bretagne, mais avec « la Grande-Bretagne tout entière. Nous croyons « cette paix utile et honorable non-seulement pour « la Grande-Bretagne et la République française , « mais pour le genre humain. Nous ne ferons au- « cun acte, nous ne dirons aucune parole, nous « n'adresserons aucune insinuation en contradiction « avec les principes d'inviolabilité réciproque des « peuples, que nous avons proclamés et dont le « continent recueille déjà les fruits. La monarchie « déchue avait des traités et des diplomates. Nous « avons des peuples pour diplomates et des sympa-

« thies pour traités. Nous serions insensés de ce changer une telle diplomatie au grand jour, contre « des alliances sourdes et partielles avec les partis, « même les plus légitimes, dans les pays qui nous « environnent. Nous n'avons qualité ni pour les « juger ni pour les préférer les uns aux autres. <( En nous déclarant amis de ceux-ci , nous nous « déclarerions ennemis de ceux-là. nous ne vour « Ions être ennemis d'aucun de vos compatriotes. u nous voulons faire tomber au contraire, par la « loyauté de la parole républicaine , les préventions « et les préjugés qui existeraient entre nos voisins « et nous.

« Cette conduite nous est inspirée, quelque pé- « nible qu'elle vous soit, par le droit des gens « autant que. par nos souvenirs historiques.

« Savez -vous ce qui a le plus irrité et le plus « désaffectionné la France de l'Angleterre dans la « dernière République? c'est la guerre civile recon- « nue, soldée, et servie par M. Pitt dans une partie « de notre territoire. Ce' sont ces encouragements « et ces armes données à des Français héroïques « aussi comme vous dans la Vendée mais à des « Français combattant d'autres Français ! ce n'était « pas là la guerre loyale, c'était la propagande « royaliste faite avec le sang français contre la Ré- « publique. Cette conduite n'est pas encore, malgré « nos efforts , tout à fait effacée de la mémoire de

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