‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 14 sur 244 · LIVRE NEUVIÈME. i · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. i

ment provisoire, Lamartine écrivit à tous les agents diplomatiques une lettre courte et vague pour leur ordonner de notifier l'avènement de la République française aux différentes cours auprès desquelles ils résidaient.

« La république, disait- il à ses agents, n'a « pas changé la place de la France en Europe. « Elle est prête à renouer les rapports avec les « autres nations. »

Ce mot était jeté dans cette première communication comme un symptôme propre à rassurer les gouvernements et les peuples sur le caractère civilisé que la nouvelle République voulait donner à la politique étrangère. Lamartine réunit tous les employés du ministère. Rassurez-vous, leur dit-il, je suis une révolution, mais je suis une révolution paternelle, ceux d'entre vous qui voudront servir loyalement la République seront conservés dans leurs fonctions. La patrie n'a pas disparu avec la royauté. Les diplomates sont comme les soldats; ils ont pour ralliement le drapeau, et pour devoir permanent la défense et la grandeur de la nation au dehors.

Cependant une révolution au moment où elle s'accomplit ne peut pas confier ses secrets et son salut à ceux qui devaient la redouter et la combattre la veille. Elle se trahirait elle-même. Lamartine ne voulait pas briser le mécanisme et le per-

sonnel de cette administration centrale des affaires étrangères que le temps avait organisée et qui compte dans son sein des hommes sûrs, spéciaux, expérimentés, éminents. Il les laissa à leurs postes inactifs, ou employés seulement à des travaux de simple formalité, il retira à son cabinet particulier ou à lui seul tout l'esprit, tout le secret et toute la conduite de la diplomatie de la république.

Mais ces hommes d'autant plus patriotes de cœur qu'ils ont l'esprit plus exclusivement appliqué aux intérêts permanents du pays, ne tardèrent pas à adhérer de tout leur patriotisme à la République comme représentation de Tordre et de la France. Ceux-là même qui s'étaient retirés par un scrupule volontaire d'honneur, tels que le directeur de la partie politique M. Desages, homme consommé, donnèrent au gouvernement les traditions et les lumières qu'ils portaient en eux. MM. de Yiel Castel, Bren* nier, Cintra, Lesseps, restèrent à la tête des différentes parties du travail, ils rendirent à la République d'infatigables services pendant ce long tumulte d'événements et d'assauts où l'hôtel du ministre était à la fois un conseil et un camp.

A l'étranger, au contraire, Lamartine rappela successivement tous les ambassadeurs et presque

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