‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 149 sur 244 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

mité que dans l'intérêt de la sûreté de l'Assemblée nationale, il fallait attendre que la garde nationale de Paris fût organisée, habillée et armée, ponr que cette force civique pût entourer la représentation de la France de sécurité, et de respect. Il fallait un certain nombre de jours pour que cette garde nationale renouvelée fût sous les armes, on fixa les élections générales au 27 avril, jour de Pâques, et l'ouverture de l'Assemblée nationale au 4 mai.

Cette résolution prise loyalement d'un commun accord dissipa bien des doutes dans les esprits1 prévenus les uns contre les autres, et calma bien des irritations sourdes qui couvaient dans les cœurs. La majorité du gouvernement vit que la minorité se confondait avec elle et se livrait avec moins de confiance peut-être, mais avec la même sincérité au pays. De ce jour, les hommes éloignés se rapprochèrent. La majorité avait obtenu ce qu'elle voulait, puisque la dictature était abjurée loyalement par tous les partis.

Quelques tiraillements se firent cependant encore sentir dans les paroles et dans les actes relatifs aux élections, on discuta une circulaire du ministre de l'intérieur. D'accord sur l'esprit, on finit par transiger sur les termes. Une mesure plus révolutionnaire était persévéramment demandée non par M. Ledru Rollin, mais par les délégués du Luxembourg et des clubs des ouvriers industriels de Paris.

Celle mesure consistait à accorder à ces réunions l'envoi dans chaque déparlement de deux ou trois émissaires choisis dans les différentes catégories des ouvriers de la capitale , et dont la mission serait payée à litre de secours de la République sur les fonds du ministère de l'intérieur. Ce secours devait se monter à une somme de cent ou cent vingt mille francs* M. Ledru Rollin se refusait à prendre sous sa seule responsabilité l'emploi d'une somme s5 forte , à moins d'être couvert par le consentement formel du conseil. Le conseil autorisa la mesure et la dépense, il recommanda au minisire de surveiller le choix do ses émissaires, de ne désigner que des hommes probes, honnêtes, modérés, des modèles et non des agitateurs, et de limiter leur mission à la propagation des saines doctrines républicaines et des informations techniques sur l'exercice de leurs droits électoraux. Toute immixtion même confidentielle de ces agents au nom du gouvernement dans les candidatures leur fui interdite, à ces conditions la mesure fui autorisée, elle était justifiée dans l'esprit même de ceux qui y répugnaient et qui en prévoyaient les inconvénients par la nécessité de ramener les deux cent mille ouvriers de Paris à l'acceptation volontaire du terme assigné 'aux élections, c'était une concession à l'urgence , f un sacrifice à la concorde, une insurrection de deux cent mille ouvriers de

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