‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 165 sur 244 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

Lamartine, certain désormais que le ministre de l'intérieur lui-môme avait donné cet ordre et engagé sa responsabilité dans la cause de l'unité et de l'intégrité du gouvernement, adopta politiquement pour mot d'ordre de la journée et de toutes ses harangues aux troupes, aux députations, au peuple armé qui accourait sur la place, l'unité du gouvernement. Le gouvernement déchiré en deux à onze jours des élections lui paraissait déchirer l'unité de l'élection et l'unité de la République elle-même. 11 étouffa ses ressentiments et ses ombrages dans son cœur pour ne faire entendre que le cri de la concorde apparente ou réelle entre toutes les parties de l'opinion républicaine. Le brave Château-Renaud étant entré à l'Hôtel de Ville à la tête d'une colonne de volontaires armés, qui appelaient à grands cris Lamartine dans la cour pour les passer en revue, il descendit suivi de Payer et leur parla :

«Citoyens, leur dit-il, on avait annoncé aujourd'hui au gouvernement provisoire un jour « de danger pour la République ; nous étions sûrs « d'avance que ce jour de danger serait un jour a de triomphe pour la patrie et pour l'ordre. «Je sais, par une expérience récente, et je puis « le reconnaître au visage de plusieurs d'entre vous, « à l'énergie à la fois intrépide et modérée qui « forme le fond du cœur des citoyens armés de la « capitale, que nous pouvions compter sur eux.

« la France qui se résume momentanément dans « le gouvernement , n'a pas besoin d'une autre « garde, d'une autre armée que cette armée volonoc taire, spontanée qui se forme d'elle-même, non « pas au premier coup de tambour, car vous étiez * armés avant le rappel, mais qui se forme d'elle- « même à la première rumeur du danger pour la « patrie et pour l'ordre public.

« Citoyens, le gouvernement provisoire tout en- « tier doit être aujourd'hui le mot d'ordre de la « population armée et désarmée de Paris : car c'est « contre l'intégrité , contre l'indivisibilité du gou- « vernement provisoire que le mouvement contre « lequel vous êtes venus nous former un rempart « de vos poitrines avait, dit-on, été conçu.

« On espérait, au moyen de ces divisions susce citées entre nous, diviser la patrie comme le « gouvernement, aucune division possible n'existe « entre ses membres. Si quelques différences d'opi- « nions, comme il s'en trouve naturellement dans « les grands conseils d'un pays peuvent s'y ren- « contrer en administration, l'unité existe dans le « même amour de la République, dans le même « dévouement qui les anime envers Paris et la « France !

« Cette union est le symbole de celle de tous les « citoyens !

*< Permettez-moi de vous offrir, non pas en mon

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