‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 183 sur 244 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

« disparaître le numéraire ♦ suspendu le travail « libre et volontaire, seul travail suffisant à trentece cinq millions d'hommes; il fallait y suppléer « provisoirement ou mentir à tous les principes, à « toutes les prudences, à toutes les nécessités se- « cou râbles de la République. Le ministre des fi- , « nances vous dira comment il fut pourvu à ces « évanouissements du travail et du crédit, en at- « tendant le moment enfin arrivé où la confiance « rendue aux. esprits rendra le capital à la main « des manufacturiers, le salaire aux travailleurs, « et où votre sagesse et votre puissance nationale « seront à la hauteur de toutes les difficultés*

a Le ministère de l'instruction publiqae et des « cultes, remis dans la même main, fut pour le « gouvernement une manifestation d'intention et « pour le pays un pressentiment de la situation noua velle que la République voulait et devait prendre « dans la double nécessité d'un enseignement na- « tional et d'une indépendance plus réelle des « cultes égaux et libres devant la conscience et « devant la loi.

« Le ministère de l'agriculture et du commerce, « ministère étranger par sa nature à la politique, « ne put que préparer avec zèle et ébaucher avec « sagacité les institutions nouvelles -appelées à fé- « conder le premier des arts utiles. Il étendit la « main de l'État sur les intérêts souffrants du corn* h. u

« merce que vous seuls vous pouvez relever par la « sécurité.

« Telles furent nos différentes et incessantes solli- « citudes. Grâce à la Providence, qui n'a jamais plus « évidemment manifesté son intervention dans la ce cause des peuples et de l'esprit humain, grâce au « peuple lui-même , qui n'a jamais mieux manifesté « les trésors de raison, de civisme, de générosité, « de patience, de moralité, de véritable civilisation « que cinquante ans de liberté imparfaite ont éla- « bores dans son âme, nous avons pu accomplir, « bien imparfaitement sans doute, mais non sans « bonheur pourtant, une partie de la tâche immense « et périlleuse dont les événements nous avaient

« Nous avons fondé la République, ce gouver- « nement déclaré impossible en France à d'autres « conditions que la guerre étrangère, la guerre « civile, l'anarchie,, les prisons et l'échafaud. nous « avons montré la République heureusement coince patible avec la paix européenne, avec la sécurité « intérieure, avec l'ordre volontaire, avec la liberté « individuelle, avec la douceur et la sérénité des « mœurs d'une nation pour qui la haine est un « supplice et pour qui l'harmonie est un instinct « national.

« Nous avons promulgué les grands principes a d'égalité, de fraternité, d'unité, qui doivent, en

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