‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 184 sur 244 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

« se développant de jour en jour dans nos lois , « faites par tous et pour tous, accomplir l'unité du « peuple par l'unité de la représentation.

« Nous avons universalisé le droit de citoyen en « universalisant le droit d'élection, et le suffrage « universel nous a répondu*

« Nous avons armé le peuple tout entier dans la « garde nationale, et le peuple tout entier nous a « répondu en vouant larme que nous lui avons « confiée à la défense unanime de la patrie , de « Tordre et des lois.

« Nous avons passé l'interrègne sans autre « force executive que l'autorité morale entière- « ment désarmée dont la nation voulait bien re- » connaître le droit en nous, et ce peuple a con- « senti à se laisser gouverner par la parole, par « nos conseils, par ses propres et généreuses inspi- « rations.

« Nous avons traversé plus de deux mois de crise « de cessation de travail, de misère, d'éléments «d'agitation politique, d'angoisses sociales, de « passions, accumulées en masses innombrables « dans une capitale d'un million et demi d'habitants, « sans que les propriétés aient été violées, sans « qu'une colère ait menacé une vie, sans qu'une « répression, une proscription, un emprisonnement « politique , une goutte de sang répandue en notre « nom ait attristé le gouvernement dans Paris, nous

« pouvons redescendre de cette longue dictature « sur la place publique et nous mêler au peuple « sans qu'un citoyen puisse nous dire : «Qu'as-tu « fait d'un citoyen? »

« Ayant d'appeler l'Assemblée nationale à Paris, « nous avons assuré complètement sa sécurité et « son indépendance en armant, en organisant la « garde nationale, et en vous donnant pour garde « tout un peuple armé, il n'y a plus de faction « possible dans une République où il n'y a plus de « division entre les citoyens politiques et les citoyens « non politiques, entre les citoyens armés et les « citoyens désarmés, tout le monde a son droit, « tout le monde a son armée; dans un pareil État « l'insurrection n'est plus le droit extrême de résis- « tance à l'oppression , elle serait un crime, celui « qui se sépare du peuple n'est plus du peuple! « Voilà l'unanimité que nous avons faite; perpé- « tuez-la, c'est le salut commun.

<c Citoyens représentants! notre œuvre est ac- « complie, la vôtre commence. La présentation « même d'un plan de gouvernement ou d'un projet « de constitution eût été de notre part une prolon- (( gation téméraire de pouvoir ou un empiétement « sur votre souveraineté, nous disparaissons dès « que vous êtes debout pour recevoir la République « des mains du peuple, nous ne nous permettrons « qu'un seul conseil et un seul vœu, à titre de ci-

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