‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 186 sur 244 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

La France attendait impatiemment ce tableau comme elle avait attendu le manifeste à l'Europe, elle savait que sa destinée au dedans dépendait de son attitude au dehors, elle brûlait de «en rendre compte pour conjecturer son avenir. Voici le discours du ministre, c'était son manifeste en action vérifié par trois mois d'épreuves.

« Citoyens! dit-il, il y a deux natures de révolu- « lions dans l'histoire : les révolutions de territoire « et les révolutions d'idées, les unes se résument en « conquêtes et en bouleversement de nationalité et « d'empires; les autres se résument en institutions. . (( aux premières la guerre est nécessaire; aux se- « condes la paix mère des institutions du travail et (( de la liberté est précieuse et chère ; quelquefois « cependant les changements d'institutions qu'un « peuple opère dans ses propres limites deviennent « une occasion d'inquiétude et d'agression contre « lui de la part des autres peuples et des autres « gouvernements, ou deviennent une crise d'ébran- « lement et d'irritation chez les nations voisines. Une « loi de la nature veut qife les vérités soient conte tagieuses et que les idées tendent à prendre leur ce niveau comme l'eau. Dans ce dernier cas les ré- « volutions participent pour ainsi dire des deux na- « tures de mouvements que nous avons signalées. * elles sont pacifiques comme les révolutions « d'idées, elles peuvent être forcées de recourir

« aux armes comme les révolutions de territoire. « leur attitude extérieure doit correspondre à ces « deux nécessités de leur situation, elles sont « inoffensives mais elles sont debout, leur politique « peut se caractériser en deux mots, une diplomatie « armée.

« Ces considérations, citoyens, ont déterminé « dès la première heure de la République les actes « et les paroles du gouvernement provisoire dans « l'ensemble et dans les détails de la direction de « nos affaires extérieures, il a voulu et il a déclaré (( qu'il voulait- trois choses : la République en « France, le progrès naturel du principe libéral et « démocratique avoué, reconnu, défendu dans son u existence et dans son droit et à son heure, enfin « la paix, si la paix était possible, honorable, et « sûre à ces conditions.

« Nous allons vous montrer quels ont été de- « puis le jour de la fondation de la République tf jusqu'à aujourd'hui , les résulats pratiques de « cette attitude de dévouement désintéressé au prince cipe démocratique en Europe combiné avec ce « respect pour l'inviolabilité matérielle des terrice toires, des nationalités et des gouvernements. C'est « la première fois dans l'histoire qu'un principe a désarmé et purement spiritualiste se présente à a l'Europe organisée, armée, et alliée par un autre ce principe et que le monde politique s'ébranle et se

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