‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 185 sur 244 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

« toyens, et non à titre de membres du gouvernent ment provisoire. Ce vœu, citoyens, la France « l'émet avec nous, c'est le cri de la circonstance : « ne perdez pas le temps, cet élément principal des « crises humaines, après avoir absorbé en vous la (c souveraineté, ne laissez pas un interrègne nou- « veau allanguir les ressorts du pays, qu'une corn* « mission de gouvernement, sortie de votre sein , ne « permette pas au pouvoir de flotier un seul instant « de plus, précaire et provisoire sur un pays qui a <( besoin de pouvoir et de sécurité, qu'un comité tr de constitution, émané de vos suffrages, apporte (( sans délai à vos délibérations et à votre vote, le " mécanisme simple, bref, et démocratique de la « constitution, dont vous délibérerez ensuite à loice sir les lois organiques et secondaires.

« En attendant comme membres du gouvernement « nous vous remettons nos pouvoirs.

« Nous remettons avec confiance aussi à votre « jugement tous nos actes, nous vous prions seulece ment de vous reporter au temps, et de nous tenir « compte des difficultés, notre conscience ne nous « reproche rien comme intention, la providence a * favorisé nos efforts, amnistiez notre dictature in- '< volontaire! nous ne demandons qu'à rentrer dans <( les rangs des bons citoyens.

« Puisse seulement l'histoire inscrire avec indul- « gence au-dessous, et bien loin des grandes choses

« faites par la France, le récit de ces trois mois « passés sur le vide entre une monarchie écroulée et « une république à asseoir, et puisse-t-elle,. au lieu « de noms obscurs et oubliés des hommes qui se « sont dévoués au salut commun , inscrire dans ses . a pages deux noms seulement : le nom du peuple « qui a tout sauvé, ei le nom de Dieu qui a tout « béni sur les fondements de la République. »

Ces derners mots furent couverts d'applaudissements presque unanimes par les représentants et par les tribunes.

Lamartine revenu à son banc fut obligé de se lever trois fois pour s'incliner devant l'assemblée qui s'était levée elle-même sur son passage. Tout indiquait que la popularité qui s'était attachée à son nom dans Paris et caractérisée par deux millions trois cent mille suffrages dans les départements, l'envelopperait encore dans l' Assemblée nationale s'il ne s'en dépouillait pas lui-même.

Chaque ministre apporta et lut successivement à la tribune le compte-rendu spécial des actes de son département, tous reçurent la sanction des applaudissements de l'Assemblée. Lamartine développa plus que ses collègues le tableau de la situation de la nouvelle République vis-à-vis de l'Europe.

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