LIVRE QUATORZIÈME
« de trois lieues de Bâle; enfin on nous fit renoncer « en faveur du roi de Sardaigne au droit de pro- « tection et de garnison que nous possédions avant « la révolution sur la principauté de Monaco ; une . « occupation humiliante de nos places fortes et une « indemnité de près d'un milliard, amende de nos « triomphes, décimèrent en outre la puissance « extérieure et la puissance reproductive de la « nation. La restauration accepta le trône à ces « conditions. Ce fut sa faute et sa perte, la paix « et la Charte même , cette première pierre de la « liberté, n'y furent pas une compensation suffi- « santé, une dynastie ne peut grandir impunément « de l'affaiblissement du pays. Cependant , à ne « considérer que les intérêts intérieurs de la nation, « la Sain te- Alliance était un système anti-popu- « laire, mais n'était pas essentiellement un système « anti-français.
« La dynastie de la branche aînée des Bourbons «en se liant comme dynastie à ce système, pouvait « y trouver un point d'appui pour sa légitime in- « fluence ou pour des compléments de territoire « autour d'elle. Si l'Italie, sur laquelle l'Autriche « s'obstinait à dominer seule, défendait au cabinet « français toute alliance solide et sympathique avec « l'Autriche, l'alliance russe s'ouvrait à la France. « Cette alliance, favorable à l'agrandissement oriente lai de la Russie dont la pente est vers l'orient ,
a pouvait donner à l'équilibre continental dont « Taxe eût été l'Allemagne , deux poids égaux et « prépondérants à Saint-Pétersbourg et à Paris. La « restauration eut quelquefois l'ébauche confuse « de ces pensées , elle osa avouer des amis et des « ennemis, elle se sentit soutenue contre les jalon- « sies de la Grande-Bretagne par l'esprit conti- « nental. Avec cet appui secret, elle contesta perce sévéramment la suprématie de l'Autriche en Italie, « elle fit la guerre impopulaire , mais non antice française de l'Espagne, elle conquit Alger. Sa « diplomatie fut moins anti-nationale que sa pocc litique.
« La révolution de juillet , révolution avortée « avant terme , constituait une monarchie révoluce tionnaire, une royauté républicaine. La France ce n eut pas le courage tout entier de ses idées, le ce caractère à la fois incomplet et contradictoire de « cette révolution donnait au gouvernement sorti ce des trois jours les inconvénients de la royauté ce dynastique , sans aucun des avantages de la ce royauté légitime. C'était la sainte alliance ence core, moins le dogme, et moins le roi. monarce chie entachée d'un principe électif et républicain ce aux yeux des rois, république suspecte de moce narchie et de trahison du principe démocratique <e aux yeux des peuples.
ce La politique extérieure et intérieure de ce gou-