‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 189 sur 244 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

« vernement mixte, devait être dedans et dehors « une perpétuelle lutte entre les deux principes <( contraires qu'il représentait. L'intérêt dynastique « Tui commandait de rentrer à tout prix dans la face mille des dynasties classées, il fallait acheter cette « tolérance des trônes, par des complaisances in- « cessantes, il fallait conquérir au dedans le droit « d'être faible au dehors, de là le système du gou- « vernement de juillet, une France abaissée au rang « de puissance secondaire en Europe, une oligar- « chie achetée à force de faveurs et de séductions « au dedans. L'un entraîne l'autre, de plus l'esprit « de famille, vertu domestique, peut devenir un vice (c politique dans le chef d'une nation, le népotisme « tue le patriotisme.

« La monarchie de juillet pesait sur notre police tique étrangère du poids des trônes et des parentés « qu'elle préparait à ses princes, une seule de ses « pensées était vraie , parce qu'elle correspondait « à un grand besoin de l'humanité : la paix! c'est « de cette pensée juste qu'elle a vécu dix-sept ans. « mais la paix qui convient à la France n'est pas « cette paix subalterne qui achète les jours et les « années en se faisant petite, en ajournant ses in- « fluences, en voilant ses principes, en rétrécissant « le nom, en raccourcissant le bras de la France; « celle-là humilie un peuple en l'affaiblissant.

« Pour que la paix soit digne d'elle, la Repu-

« blique doit grandir par la paix. Or pour grandir « en Europe, il manquait à la monarchie de juillet « le drapeau d'une idée, son drapeau monarchique? « il était taché d'usurpation, son drapeau démo- « cratique? elle le cachait et le déteignait tous les « jours.

« Sa politique extérieure était forcée d'être inco- » lore comme son principe, ce fut une politique de <( négation. Elle évitait les périls , elle ne pouvait « affecter la grandeur.

« Voici ce règne au dehors : le royaume des Pays- « Bas se brisa de lui-même en deux, au contrece coup des journées de juillet, une moitié forma « cette puissance neutre et intermédiaire devenue « utilement pour la France le royaume de Belgi- « que. aucune autre modification dans les circon- « scriptions territoriales de l'Europe au bénéfice « de la France n'eut lieu pendant ces dix-huit ans.

« La Russie lui témoigna une répulsion con- « stante et personnelle qui ne s'adressait pas à la « France elle-même, mais qui rejaillissait de la « dynastie sur la nation. En vain les plus pressants « intérêts de la Russie l'entralnaient-ils vers une « alliance française, l'antipathie des rois s'interpo- « sait entre les sympathies des peuples. Cette cour « employa à s'assimiler violemment la Pologne, et « à chercher patiemment par le Caucase la route des « Indes, les dix-huit ans de la monarchie de juillet.

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