‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 234 sur 244 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

batailles «o rase campagne, seulement sur un terrain plus accidenté. Il pensait donc que l'armée devait avoir une base d'opérations, un centre fixe, et des ailes; que chacun des corps d'opération devait pouvoir rayonner de cette base, ou se replier sur ce centre sans être jamais coupé de sa réserve. Il avait interrogé avec précision sur leur pensée à cet égard depuis trois mois, tous les généraux qui avaient eu une force quelconque à manœuvrer éventuellement dans Paris. Négrier, Bedeau, Oudinot, Cavaignac. il les avait heureusement trouvés tous dans la même pensée que lui. il soutint donc le général Cavaignac dans l'adoption de ce système contre le système contraire, soutenu par ceux qui voulaient considérer une insurrection comme une émeute, et la saisir partout sous peine de ne l'étouffer nulle part. (( Ne vous y trompez pas disait-il à ceux-là, nous ce ne marchons pas à une émeute , mais à une ba- « taille, pas à une bataille, mais à une campagne « contre de grandes factions. Si la République veut ce se sauver et sauver avec elle la société, il faut « qu'elle ait les armes à la main pendant les pre- « mières années de sa fondation, et qu'elle dispose c< ses troupes non-seulement ici, mais sur la surface « de l'empire, dans la prévision de grandes guerres « civiles, qui embrassent non des quartiers de Pa- « ris, mais des provinces, comme aux jours de a César et de Pompée. »

Il interrogeait de plus fréquemment sur l'effectif d# Paris, le sous-secrétaire d'État de la guerre Cbarras et le général de la division Foucher. Leurs réponses lui paraissaient pleinement rassurantes. La calomnie a accusé de négligence le gouvernement à cette époque. Ces officiers et ces généraux auraient pu accuser au coutraire l'excessive prévoyance de Lamartine. Il n'avait depuis l'ouverture de l'Assemblée qu'une pensée : dissoudre s'il était possible, puis vaincre s'il était nécessaire, l'insurrection des ateliers nationaux. Pour que la victoire fût prompte, décisive , écrasante et par conséquent moins sanglante , il fallait imposer par la masse des baïonnettes à la masse des séditieux.

Tous les symptômes présageaient un mouvement, il éclata le 22 juin à dix heures du soir. Le gouvernement, averti des attroupements et des clameurs que ses premières mesures pour faire déverser une partie des ouvriers sur les départements avaient suscités, se réunit au Luxembourg. Des bandes nombreuses et forcenées avaient déjà plusieurs fois dans la soirée assailli le palais, aux cris de : A bas Marie ! à bas Lamartine! Ces deux membres du gouvernement passaient pour les plus décidés à dissoudre cette armée de ta sédition. Le général Cavaignac reçut le commandement général

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