‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 243 sur 244 · PAR B. WILHEM · texte numérisé non relu

PAR B. WILHEM

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Mon vieil ami , ta gloire est grande !

disait le poète national, Béranger, à son ami Wilhem , le maître des orphéonistes naissants; jamais louange ne fut plus naïve et mieux méritée. C'est en effet une de nos gloires, la gloire de wilhem, ce savant musicien, qui osait, il y a vingt-cinq ans, entreprendre cette tâche presque impossible : rendre la musique populaire, dans cette France regardée, depuis des siècles, comme un pays si peu musical, et faire si bien que désormais, cette inspiration féconde des plus saintes passions de la vie, se répandit à flots inspirés , non plus seulement sur les riches d'en haut , mais sur les pauvres d'en bas: artisans, soldats, laboureurs, enfants du peuple. À cette heure, grâce à l'habile artiste qui n'a pas désespéré du génie de la foule, ce concert immense dont Wilhem est le créateur, cet orchestre des voix disciplinées dont il est resté le chef même dans sa tombe , ils remplissent nos églises , nos temples , nos rues , nos carrefours ! Eh ! quel a~~ ^i— ~-x~: s* *-i i~ a~ w— noe7 i^ musique, c est

l'évocation ardente de gloire du passé; elle calme lés âmes, et elle les élève ;*elle discipline les esprits, et elle les remplit d'un feu sacré; elle est la voix des nations enthousiastes, elle est tour à tour la chanson et le chant national ; elle est le charme touchant de l'homme isolé qui s'en va à son travail de chaque jour !

C'est à Wilhem que la France est redevable de cette fête éternelle. Que de zèle, que d'efforts, quelle persévérance il a fallu au patient et laborieux professeur , pour toucher enfin à ce but populaire que son enseignement s'était donné ! Hais au moins, s'il est mort à la peine, a-t-il

(1) Une décision ministérielle de M. de Saint-Ton vient de rendre obligatoire l'étude de la méthode Wilhem dans tons les corps d'infanterie et du génie.

pu, avant de mourir, assister au triomphe définitif de sa méthode ; désormais le triomphe qu'il a préparé est incontestable ; à qui voudrait nier ¥ Orphéon, soudain des milliers de voix s'élèveraient, dans un chœur solennel, pour protester au nom du maître qui n'est plus.

Plus était difficile l'établissement de cette œuvre isolée , et plus devait être rapide le progrès de la méthode, une fois qu'elle serait adoptée par quelques-uns de ces bons esprits, de ces esprits pratiques qui mènent le monde. Après avoir pénétré , peu à peu , dans les habitudes , nous dirons presque dans les besoins de la génération nouvelle, la méthode Wilhem fut enfin reconnue par une ordonnance salutaire, partie de l'Hôtel de Ville de Paris, ce noble loyer de tant de réformes utiles; cette ordonnance ouvrit les portes du chant à toutes nos écoles , et soudain les orphéonistes marchèrent à leur conquête pacifique; de toutes parts, dans les jours solennels et dans les lieux les plus respectés, à l'Hôtel de Ville, à la Sorbonne, sous les voûtes sonores de la Halte aux draps, les enfants et les hommes faits , les jeunes gçps des deux sexes firent entendre des harmonies inconnues, inespérées, et parmi cet auditoire attentif, qui accourait, empressé, à ces fêtes poétiques, on distinguait les maîtres de ce grand art , jaloux d'applaudir à des efforts si nouveaux : Reicha, Cherubini, Auber, Berton, Halevy, Garafa, Zimmermann.

Après la mort de ce maître vénéré, et à jamais regrettable , le conseil municipal de la ville de Paris, adoptant cette institution si remplie d'avenir , légua l'œuvre du maître à son premier élève , à son digne continuateur, M. Hubert, et maintenant, plus que jamais , sous tant d'heureux et favorables auspices, la Méthode est devenue universelle. Déjà 40,000 exemplaires du Manuel musical et de l'Orphéon, répandus sur toute la surface de la France musicale , ont porté leurs nobles fruits de poésie, de bonheur, de devoir, d'intelligence, d'ordre, de vertu; à Paris le chant est partout , dans nos écoles , dans nos ateliers , dans nos églises, et même, par nos belles soirées d'été, soudain le chant éclate dans nos rues, dans nos campagnes étonnées de ces mélodies errantes , de ces fêtes sans rixes et sans débauches. A la fin donc, cet admirable Manuel musical, soutenu de Y Orphéon, après vingt ans de luttes et de résistances incroyables ; est devenu un livre populaire: le livre de* maîtres, le livre des disciples, le livre du salon, le livre de l'atelier, le livre du peuple, des armées, des sœurs et des frères de la doctrine chrétienne; le livre des hommes et des enfants, le livre du présent et sur tout de l'avenir.

Les deux Cours de la Méthode B. Wilhe* sont publiés , le premier en S livraisons, et le second en 7 ( total 15 ), de M à 40 pages, au prix de 65 cent, chacune. Ces 15 livraisons peuvent $e retirer à volonté.

Prix du premier Cours broché , 1 vol. in-8° 5 f r

— deuxième — — 4 fr. 50

Mélhode complète 9 fr. 50

LA MEME MÉTHODE, Édition in-folio.

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