LIVRE QUINZIÈME
« voir dont vous l'aviez investie, elle rentre dans « les rangs de l'Assemblée nationale pour se dé- « vouer avec vous au danger commun et au salut a de la République. »
Tel est le récit des principaux événements auxquels j'ai participé pendant les deux premières périodes de la révolution de 1848 et de la fondation des institutions républicaines en France. Les destinées de la République ont passé depuis dans d'autres mains. C'est à l'avenir de rétribuer selon les actes. De grands services ont été rendus, des fautes ont été commises. Je prie Dieu, mes contemporains et la postérité de me pardonner les miennes. Puisse la Providence suppléer aux erreurs et aux faiblesses des hommes! Les républiques semblent plus directement gouvernées par la Providence parce qu'on n'y voit point de main intermédiaire entre le peuple et sa destinée. Que la main invisible protège la France! qu'elle la soutienne à la fois contre les impatiences et contre les découragements, ce double écueil du caractère de notre race ! Qu'elle préserve la République de ces deux écueils : la guerre et la
démagogie! et qu'elle fasse éclore d'une République conservatrice et progressive la seule durable, la seule possible, ce qui est en germe dans cette nature d'institution : la moralité du peuple et le règne de Dieu.