LIVRE DIXIÈME
Cependant lfrgouvernement n'avait encore aucun renseignement précis sur le sort du roi, de la reine, de la famille royale, les commissaires désignés par Lamartine pour aller protéger leur fuite attendaient vainement Tordre du départ, on a vu que le gouvernement désirait faciliter la sortie du roi, des princes et de ses ministres, au lieu d'y mettre obstacle, il n'avait donc employé que des moyens officieux pour être instruit de leurs diverses directions. C'était à Tinsu du gouvernement et par une mesure spontanée de la justice qu'un mandat signé du procureur général ordonnait l'arrestation des ministres fugitifs et leur jugement, le gouvernement fut étonné et affligé de cet acte, ce procès contrariait toutes ses pensées, il préparait à la capitale des émotions pénibles, il dénaturait le caractère de mansuétude et de magnanimité que les membres du gouvernement voulaient donner à la révolution. Lamartine appela le procureur général au minis-
tère des affaires étrangères pour lui exprimer ces sentiments, ils parurent être aussi les sentiments de ce magistrat qui n'avait fait qu'obéir, dit-il , à un ordre supérieur. M. Portalis promit à Lamartine que le mandai serait considéré comme une simple formalité et qu'on le laisserait éteindre dans l'oubli.
Il en fut de même d'un décret du gouvernement qui supprimait les titres, cette question délibérée le 27 février à l'Hôtel de Ville avait été écartée dédaigneusement par le conseil. Ne commençons pas la République par un ridicule, avait dit Lamartine, la noblesse est abolie, mais on n'abolit ni les souvenirs ni les vanités.
Les membres du gouvernement furent surpris de lire quelques jours après un décret qui abolissait l'usage des titres, ils s'en rapportaient à la désuétude, l'innombrable quantité des décrets qui se pressaient sous leurs mains dans des circonstances d'urgence et dans le tumulte de l'Hôtel de Ville , donnèrent lieu à quelques erreurs de cette nature, plusieurs de ces décrets n'étaient signés que d'un ou deux de nous, on les enlevait de la table du conseil et on les jetait aux imprimeurs sans qu'ils eussent passé tous au contrôle ou à la vérification du conseil.
Nous avons vu que le roi, la reine et la duchesse