‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 66 sur 244 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

plémenl des hautes études et des cours publics , exerçant l'esprit de la jeunesse aux plus hautes spéculations de la philosophie, il organisa des lectures publiques pour les heures d'oisiveté du peuple, il encouragea la littérature populaire qui manque presque entièrement en France, il donna des directions et des primes à ce genre de propagation de la pensée.

Il fut trompé par la mauvaise rédaction de ces livres populaires, on lui reprocha comme une propagande funeste ce qui n'avait été que l'omission de sa censure, il fit comme les anciens, de l'enseigne* ment de la musique un précepte pour l'élévation et l'adoucissement du sens moral et civilisateur du peuple, il groupa autour de lui comme conseil philosophique et littéraire les noms les plus hauts et les plus purs de la philosophie et de la littérature républicaine , au nombre desquels le peuple contemplait Béranger, l'homme de ses prédilections.

Une phrase mal rédigée, mal interprétée d'une circulaire de M. Carnot pesa depuis sur son administration et effaça tous ses services, elle n'avait d'autre intention que de compléter la représentation de l'agriculture en disant aux cultivateurs qu'ils étaient plus aptes à connaître et à faire valoir leurs intérêts que des représentants plus lettrés mais étrangers au sol. M. Carnot averti de cette interprétation erronée, la rectifia bientôt lui-même en

termes qui ne laissaient aucun doute à la bonne foi.

« On a présenté, dit-il, ma circulaire du 6 mars « comme complément de celles qui émanaient du « ministère de l'intérieur, il faut que je m'explique. « deux tendances opposées se personnifiaient aux « yeux du public surtout, dans M. de Lamartine et « dans le ministre de l'intérieur, je n'ai pas besoin « de dire que 'mes sympathies appartenaient au « premier. » Carnot, en effet, était le dernier des hommes qu'on pût accuser de violences ou d'abrutissements démagogiques, si la République nouvelle avait eu un modèle de républicanisme intelligent et moral à présenter à ses amis ou à ses ennemis, c'est sur lui qu'elle aurait porté les yeux, il expie des mots, et on oublie sa pensée et ses actes, mais l'homme est intact, et la République aura tôt ou tard besoin de le retrouver.

Le ministre de la justice était après celui de l'intérieur et de la guerre le plus étendu dans ses attributions et dans son personnel , de grandes questions s'y rattachaient; M. Crémieux les toucha toutes avec une telle précision que l'Assemblée constituante convertit presque tous les décrets de ce ministre en lois.

Quant aux mesures qui concernaient le ministre de l'intérieur, elles consistèrent surtout dans l'envoi de commissaires et de sous-commissaires destinés à remplacer les préfets et les sous-préfets dans les

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