LIVRE DOUZIÈME
général Courtais, leur commandant, accourait à cheval sur la place avec son état -major, se lançait seul au milieu des rangs tumultueux, recevait des outrages, bravait des menaces, courait des dangers. Le peuple ému par ce rassemblement se pressait aux embouchures du quai et des rues criant : à l'aristocratie, au privilège. La place immobile et compacte restait néanmoins couverte de légions sans armes qui semblaient attendre un événement.
La séance secrète du gouvernement s'ouvrit sous ces auspices. Les deux camps étaient en présence dehors et dedans, dehors par hasard , dedans par la volonté de Lamartine. Les physionomies étaient sombres, contractées, résolues comme au moment qui précède le combat.
Lamartine posa sur la table la proclamation qu'il avait écrite la nuit et qu'il n'avait communiquée à personne.
« Messieurs, dit-il, jusqu'ici nous avons été fonce dus en un seul faisceau d'opinions et de sentice ments par le feu même des grands mouvements a révolutionnaires dans lequel nous nous sommes « précipités pour l'éteindre et pour le changer en « gouvernaient républicain fort, unanime , régu-