‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 99 sur 244 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

« a été impudemment manifestée dans la circulaire « du ministre de l'intérieur soulève le sentiment pu- « blic. Il faut qu'elle soit ou rectifiée ou commentée « d'un concert commun , ou que nous nous divi- « sions sans réconciliation possible. Voici la pro- « clamation que je propose au gouvernement comme « texte des opinions que je crois celles du pays, « celles du gouvernement, comme elles sont les « miennes. Je vais la lire au conseil , et la délibé- « ration qui s'établira sur ce texte, tranchera la « question des deux politiques qui doivent diriger « nos commissaires, rassurer ou déchirer la nation. » Il lut alors le projet de proclamation que voici :

« Qtoyens,

« A tous les grands actes de la vie d'un peuple, « le gouvernement a le devoir de faire entendre sa « voix à la nation.

« Vous allez accomplir le plus grand acte de la « vie d'un peuple, élire les représentants du pays, « faire sortir de vos consciences et de vos suffrages « non plus un gouvernement seulement, mais un « pouvoir social, mais une constitution tout en* « tière ! vous allez organiser la République!

« Nous n'avons fait, nous, que la proclamer, « Portés d'acclamation au pouvoir pendant Tinter- « règne du peuple, nous n'avons voulu et nous ne a voulons d'autre dictature que celle de l'absolue

« nécessité. Si nous avions refuafrle poste du péril, a nous aurions été des lâches, si nous y restions « une heure de plus que la nécessité ne le comte mande nous serions des usurpateurs.

a Yous seuls êtes forts !

ce Nous comptons les jours. Nous avons hâte de « remettre la République à la nation.

« La loi électorale provisoire que nous avons « faite est la plus large qui chez aucun peuple de la « terre ait jamais convoqué le peuple à l'exercice « du suprême droit de l'homme, sa propre souve- « raineté.

« L'élection appartient à tous sans exception.

« A dater de cette loi il n'y a plus de prolétaires « en France.

« Tout Français en âge viril est citoyen politique, « tout citoyen est électeur. Tout électeur est sou- « verain. Le droit est égal et absolu pour tous. Il « n'y a pas un citoyen qui puisse dire à l'autre : « Tu es plus souverain que moi ! » Contemplez votre « puissance, préparez- vous à l'exercer et soyez « dignes d'entrer en possession de votre règne.

« Le règne du peuple s'appelle la République.

« Si vous nous demandez quelle République nous « entendons par ce mot, et quels principes, quelle « politique, quelle vertu nous souhaitons aux ré- « publicains que vous allez élire, nous vous réponte drons : « Regardez le .peuple de Paris et de la

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