‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 101 sur 216 · LIVRE DOUZIÈME. i · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME. i

lions au peuple qu'on attribuait seulement à Lamartine, de venger la minorité du gouvernement de ce que Ton considérait comme une humiliation pour elle, et de montrer à la majorité et surtout à Lamartine que la voix du peuple n'était pas tant à lui qu'à ceux qu'on supposait ses ennemis.

Enfin, la foule, lassée d'attendre un dénoument qu'elle ignorait elle-même, sembla par son impatience autoriser les délégués des clubs à pénétrer en son nom dans l'Hôtel de Ville, pour y porter au gouvernement l'expression de son adhésion et l'hommage de sa force. Cabet avait pénétré seul sur un ordre de Lamartine; il conféra avec lui sur le grand escalier. D'après l'assurance donnée par Cabet des intentions inoiîensives des clubs, le gouvernement ordonna au colonel Rey de laisser entrer les délégués seulement et de refermer les grilles : le peuple respecta cet ordre. Une centaine de chefs de clubs et de prétendus délégués du peuple qui n'étaient en réalité (pie des clubistes les plus exaltés entrèrent dans Tintérieur du palais. Le gouvernement se transporta dans les plus vastes salles pour les recevoir.

Le président du gouvernement provisoire, Dupont de l'Eure, âgé de quatre-vingt-trois ans, accablé de lassitude, niais intrépide de cœur et serein de visage, était assis, adossé au mur de la grande salle, Arago , Albert, Louis Blanc, Ledru Rollin, étaient debout à sa droite; Lamartine, ^larrast, Crémieux, Pagnerre, (îarnier- Pages , debout à sa gauche : tous rgaleiiuiil

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