LIVRE TRElZIËiME. 2o
sentir à Vienne le 14 mars. Le prince de Metternicli, dont le gouvernement n'était plus depuis longtemps qu'une adulation complaisante aux volontés de la noblesse et aux superstitions de trois femmes entourant un empereur éternellement enfant, fut surpris par l'événement. L'émeute imprévue et irrésistible emporta le sacerdoce, la cour, l'aristocratie, le gouvernement. La famille impériale abandonna Vienne à la révolution ; le prince abandonna la monarchie elle-même et se réfugia dans le Tyrol.
Berlin répondit à Vienne le 18 mars. Le roi, à la tête des troupes, résista et triompha le premier jour. Etonné de sa victoire, moins embarrassé de vaincre que de gouverner, il rendit l'épée au peuple vaincu. Les Polonais, sortis des prisons de Berlin, se trouvèrent , le 20 mars , maîtres de la monarchie. Ils poussaient le peuple à la république. Le roi, conseillé par le seul ministre qui eiU conservé son sang-froid, prévint ce mouvement par une adulation machiavélique au génie allemand. Ambitieux par force, ce ministre fit tout à coup adopter au roi les couleurs de l'unité allemande, passion des peuples secondaires de la Germanie. Frédéric-Guillaume reconquit ainsi la popularité révolutionnaire de rAllemagne , au moment mônïc où il ris([uait de perdre sa propre couronne.
Un second mouvement |)lus dcmocraticjue encore
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(jiic le premier, agita Vienne (jnelques jours après. Ce furent encore les Polonais mêlés aux étudiants qui Taccomplirent. Le cri de cette troisième révolution était la république. Elle déchira la constitution octroyée par rEnipereui-, le lli mars, et fit appel à une Assemblée constituante par le sullVai^^e universel. La Hongrie, nation (le vingt millions (riiommes, à qui pesait le joug autrichien, [)roiila de la révolution à Vienne [)Our tenter son émancipation et |)our se constituer en gouvernement indépendant. Cette énianci- |)ation, conq)Ii(inée d'une guerre civile de race entie les Croates et les Hongrois, souleva des populations armées. Tantôt refoulée, tantôt menaçante contre l'Autriche, cette guerre tint plus d'une année en suspens le sort de Lindépendance hongroise et de la révolution autrichienne
Au delà des Alpes, la Lombardie sentit (|ue l'heure de son émanci|)ation sonnée à Paris, répétée à Vienne le14mars, était venue. Milan, sa capitale, se souleva le 20 mars et chassa les Autiichiens loin de ses murs.
Venise l'imita, et, retrempé dans la servitude, ce peuple retrouva son héroïsme assonj)i dans son anti(juc prospérité.
Au commencement d^nril, les duchés de Parme et de Modène chassèrent leur gouvernement, vice-royauté de l'Autriche. Ces duchés se proclamèrent jnoNisoiremiMit republicpie , en attendant ce (jue le sort des armes décid(M'ait dv runile dv l'Italie se[)tentrionale.
La Toscane, [ncveiuie dans ses désirs par un prince^