‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 14 sur 216 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

blique au monde. Il était prudent et digne de le faire attendre quelques jours. La République ne devait pas se précipiter vers la paix conome une puissance timide qui craint la guerre ; elle devait la déclarer possible et non l'implorer comme nécessaire. Elle devait de plus s'assurer secrètement, avant de proférer les dogmes de la paix, que ces dogmes ne seraient pas désavoués avec insulte parles autres puissances. Elle se serait exposée à voir ses avances au principe pacifique dénaturées; elle aurait eu à recueillir, au lieu des sympathies qu'elle méritait, des défis qu'elle aurait été dans la nécessité de relever ou de venger. Lamartine ne se pressa donc pas. Il rédigea dans les courts intervalles de nuit que lui laissaient les tumultes de la place publique le manifeste de la République : il le soumit le 4 mars à la délibération de ses collègues, des ministres et de quelques hommes politi([ues éminents de l'opinion républicaine qui assistèrent ce jour-là à la délibération.

La séance était solennelle. Des hommes sortis, quelques jours auparavant, d'une tempête tenaient dans leurs mains la paix ou la guerre. D'un mot ils allaient armer et faire s'entre-choquer les principes et les hommes sur toute la terre, ou rasséréner l'horizon du globe Lamartine était décidé à faire de la déclaration de la paix la condition absolue de sa |)résencc au gouvernement. La généralité de ses collègues ainsi que les ministres n'y étaient pas moins décidés (|uc Ini. Le manifeste ne subit aucune discussion d(^ fond. Ou

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(''(nil diiTTorfl sans s\Mro entendu. Tout se borna à (|iiol(jucs expressions contestées et modifiées, mais d'im accord prescjue unanime sur la manière dont la Kr|)ul)Ii({uc déclarait cntcndie les traités de IS15. I.onis Rlanc lui-même aj)|)lan(lil à Tère fraternelle ouverle par ce manircst(^ à l'Inimanilc. Les partis arriérés ou impatients (jue mécontentait en secret la résolution pa('ili(|ue du ^ouveinement, se croyaient tellemnil SUIS (|ue ces paroles étaient des mots jetés au vent, et (jue le peuple déborderait bientôt de Uii-mùme sur rKuro[)e, qu'ils ne prenaient |)as la peine de contester 1(5 !uanirost(\ Les conciliabules belges, allemands, polonais, s'agitaient déjà autour de quelques meneurs occultes. O paili do la propai^ande armée se- pi éparait à d(''cliirer cette page de la philosophie nationale et à eu hourrer le tusil de rinxasiou. Lo lendemain ce manifeste parut.

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