LIVRE NEUVIÈME
l'ordre volontaire rétabli en si peu de jours dans les rues; l'inviolabilité des religions, le respect pour les étrangers , les adhésions , les députations de tous les départements, de toutes les communes et de tous les peuples , qui affluaient à l'Hôtel de Ville comme des explosions continues de la raison nationale , le ton ferme , mais respectueux pour les peuples et pour les gouvernements, des discours que Lamartine et ses collègues répondaient à ces déclarations des peuples; tous ces prodiges avaient fait une puissante et heureuse impression sur les yeux et sur l'esprit des ambassadeurs. L'enthousiasme pour la France avait gagné jusqu'aux ennemis de la République.
Ces diplomates, sans reconnaître encore le nouveau gouvernement, avaient des entretiens officieux avec le ministre des affaires étrangères. Les ombrages (|ue leurs cours avaient pu concevoir tombaient dans ces entretiens cœur à cœur entre des hommes qui désiraient également éviter des malheurs au monde et sauver du sang à l'humanité. Ce fut un bonheur pour la civilisation que ce concert préexistant de bonnes intentions, de lumières et de sagesse entre le gouvernement provisoire et les représentants de l'Europe à Paris. Lord Normanby, ambassadeur d'Angleterre, le baron d'Arnim , ministre de Prusse, M. de Kisselef, ministre de Russie, M. d'Appony, ministre d'Autriche, M. de Brignolc, ministre de Sardaii^ne, le prince de Ligne, ministre de Belgique, le nonce du pape et tous les principaux ujembres du corps diplomatique à
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Paris à cette rpuciuc étaient heureusement des hommes (le larL^e intelligence, de prévoyance et de paix. Le caractère des hommes d'Etat peut autant sur les événements (|ue leurs idées. Leur caractère est le commentaire de leurs instructions ; ils prédisposent leurs cours à la justice et à la paix
Des relations sourdes mais bienveillantes ne tardèrent pas à s'ét<d)lir ainsi entic le cahiiui do Paris et les cabinets étrangers.
Lo premier symptôme du désir d'établir des rapports j)a(ili(|ues avec le nouveau gouvernement franrais lui im mol du duc de Wellington à Lamartine, en lepijnse à une onNcrIurc indirecte et verbale (jue Lamartine lui avail fait Wùir par nn neveu de cet homme d'Ltat. Lamartine réj)li(jna par écrit à ce mot connue il convenait , en gloriliant la pensée de paix dans la bouche d«^ l'homme de guerre. La j)remière i(npression de TAngleterre exprimée j)ar son premier citoyen était nn augure (|ui faisait bien espérer le monde. Quaiui la l'iancci et l'Angleterre s'cMitendent poni- donner la paix à Tlùirope, aucune puissance ne peut impuncnicnt \d troubler.
Celait la IVanco (jui venait d'agii', c'était sur la I lancc ipiOn a\.iil les yeux, c'était à la France de pai In la picnncie. L'Kurope cl la France elle-mèuje attendaient avec anxiété ce preiiiicr mot de la Ucpu-