‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 145 sur 216 · LIVRE TREIZIÈME. mi · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME. mi

« départements, rassurés sur la force du gouverne- « ment et sur l'attachement que vous lui portez, (c s'uniront comme vous et comme nous pour le salut « de la République et remettront intact à l'Assemblée « nationale le dépôt de la patrie que le peuple du 24 « Février a remis entre vos mains.

(c Cette confiance que je vous recommande, cice toyens , c'est le cri , c'est le sentiment que j'ai entendu « sortir tous les jours du combat, ici môme, sur cet « escalier, dans ces cours , de la bouche des blessés « pendant la lutte du peuple et du trône d'où pouvait « sortir l'anarchie du peuple. Oui, je l'ai entendu « sortir de la bouche de ceux qui expiraient ici pour (( la Ré|)ubli(|ue, et qui semblaient vouloir nous léguer (C ainsi dans cette recommandation suprême le mot « sauveur de la Républicjue nouvelle et de la patrie! »

Ces paroles firent jaillir un cri unanime de dévouement de toutes les marches d'escaliers, de toutes les cours , de toutes les galeries de l'Hôtel de Ville. La victoire était dans ce cri; Lamartine le retrouva pendant deux heures sur les lèvres de tous les grou[)es de citoyens volontaires , d'ouvriers, do gardes mobiles, d'élèves des écoles (|u'il harangua successivement trente ou quarante fois dans ce moment suprême. W affecta toujours de comprendre le gouvernfMiuMil provisoire tout entier dans ses allocutions el de (léliiiirc

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ainsi d'fivance tous les germes de (.li\isioii (jui pouvaient naître de cette journée. Il le fit pour enlever tout prétexte à la guerre civile et aux récriminations fjui pouvaient ramener. L'enthousiasme pour lui était si brûlant et si unanime ce jour-là dans les bataillons, dans le peuple et dans les corps de volontaires qui accouraient au palais et sur la place, que s'il eût dénoncé un complot et demandé lui-même vengeance, épuration ou dictature, on Taurail siii\i où il aurait marché. Mais en avouant des divisions et en livrant alors ses collègues aux soupçons du [)euple, il ne se dissimulait pas ([u'il aurait tiahi la l{epul)li(|U(^ et déchiré sa [)atrie.

Ce|)endant, (Tune fenêtre de THotel de VilhMl r(^gardait la place sans savoir encore les(|uels arriveraient les prefniers et en plus grande masse, des bataillons de la garde nationale ou des rassend)lements du Champ-de-Mars.

Une colonne d'environ vingt-cinq ou tiente mille têtes conduite par les clubistcs les plus forcenés et par (|uel(ju(^s chefs socialistes venait de déboucher pai \r. pont Hoyal et de se lieurter contre une colonne nombreuse de gard(»s nationaux que le général Courtais avait |)lacé(' en balailh* sous les murs du Louvre. On n'en était |)as venu aux mains, mais la mêlée avait été tuniultu(MiS(^ ; des regards, des cris, des gestes hostil(»s avaient r{r (^changés. La gaidc nationale avait laisse ])asscr les insurgés, et s'était (■ontcntcM* de les couper et (le les suivn; dans leur |)rocession vers l'Hôtel de

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