‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 152 sur 216 · LIVRE QUATORZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIEME

d'ouvriers soufïlée par les factieux désespérés de Paris, tenla à Rouen ce qui avait échoué dans la capitale. Énergiquement réprimée par la garde nationale et par l'armée, cette émeute et les mesures prises pour sa répression devinrent le texte de violentes récriminations. M. Arago défendit avec indignation et courage les officiers-généraux inculpés par les pétitions démagogiques.

Mais l'heure de l'Assemblée nationale approchait : la majorité du gouvernement temporisa. Lamartine, les yeux exclusivement fixés sur le jour des élections, négligea dès ce moment toutes les dissensions de détail et même de principes qui pouvaient surgir entre la majorité et la minorité du gouvernement. Il redouta, plus que jamais, tout déchirement violent qui aurait pu compromettre le seul véritable objet de ses efforts et des efforts de la majorité : La convocation d'une Assemblée nationale sans guerre civile. « J'ai taché d'être la résistance de la véritable démo- « cratie à l'odieuse démagogie dans le gouvernement, « disait-il; maintenant je voudrais être l'huile qui « adoucit tous les froissements entre les opinions, et « qui prévient toutes les riq)tures. »

Un jour, en son absence, le ministre de l'intérieur ayant fait scission avec ses collègues, et s'étant retiré avec la résolution de donner sa démission, Lamartine s'otlVit pour négociateur. Il alla lui-même chez le ministre de l'intérieur; il lui représenta dans l'intérêt commun du i:;onvernement et du pays le danger d'un

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déchirement qui ouvrirait passage à ranarchie, et paciûa les esprits.

On était à la veille des élections. Le gouvernement avait délibéré longtemps s'il se i)résenlerait devant l'Assemblée nationale avec un [)lan de constitution tout pré[)aré, ou s'il se contenterait d'abdicjuer entre ses mains et s'abstiendrait de toute initiative ([ui pourrait ressembler à une dictature continuée ou à une usurpation de la souveraineté nationale. l)u[)ont de l'Eure, homme prévoyant conmie l'expérience, ne cessait de conjurer Lamartine de s'occuper île ce plan de constitution. L'idée de Lamartine était sur ce sujet conforme à celle de Dupont de l'Eure. Il pensait que les débats d'une constitution j)Our une assemblée seraient longs et tumultueux ; (pfils useraient le tenq)s mieux em[)loyé à pourvoir aux dangers et aux urgences multi|)liécs de l'inauguration du gouvernement démocratitiue; (ju'une constitution, c'est-à-dire les deux ou trois principes d'un gouvernement, devait s'écrire en (pielques lignes comme le résumé lapidaire d'une révolution v[ d'une civilisation; cpie les lois organi(jues de cette constitution devaient ensuite être llexibles, successives, modiliables, et s'écrire à loisir, selon l'urgence et le tenq)S, sans avoii" le caractère d'inmiutabililé de la constitution elle-même.

Il avait en conséipience rédigé , en cinq ou six

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