‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 18 sur 216 · LIVRE NEUVIÈME. 3t · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. 3t

« Les traités de 1815 n'existent plus en droit aux yeux de la République française; toutefois, les circonscriptions territoriales de ces traités sont un fait qu'elle admet comme base et comme point de départ dans ses rapports avec les autres nations.

« Mais, si les traités de 1815 n'existent plus que comme faits à modifier d'un accord commun, et si la République déclare hautement qu'elle a pour droit et pour mission d'arriver régulièrement et pacifiquement à ces modifications, le bon sens, la modération, la conscience, la prudence de la République existent, et sont pour l'Europe une meilleure et plus honorable garantie que les lettres de ces traités si souvent violés ou modifiés par elle.

c( Attachez-vous, monsieur, à faire comprendre et admettre de bonne foi cette émancipation de la République des traiiés de 1815, et à montrer que cette franchise n'a rien d'inconciliable avec le repos de l'Europe.

c( Ainsi, nous le disons hautement : si fheure de la reconstruction de quelques nationalités opprimées en Europe, ou ailleurs, nous paraissait avoir sonné dans les décrets de la Providence; si la Suisse, notre fidèle alliée depuis François P"", était contrainte ou menacée dans le mouvement de croissance (lu'elle opère chez elle pour prêter une force de plus au faisceau des gouvernements démocratiques; si les Étals indépendants de ritalie étaient envahis; si l'on imposait des limites ou des obstacles à leurs transformations intérieures; si on leur contestait à main armée le droit de s'allier entre eux pour consolider une patrie italienne, la Républi([ue française se croirait en droit d'armer elle-même pour protéger ces mouvemenis légitimes de croissance et de nationalité des peuples.

0 La République, vous le voyez, a traversé du premier ])as l'ère des proscriptions et des dictatures. Elle est décidé*' à ne jamais voiler la liberté en dedans. Elle est décidée également à ne jamais voiler son principe démocratique au dehors, l-^lle ne laissera mettre la main de personne entre le rayonnement pacifique de sa liberté et le regard des peuples. Hllle se prociam»^ l'alliée intellectuelle et cordiale de tous les droits, de tous les progrès, de tous développements légitimes d'institutions des

18 Rf: VOI^TTION DE 1848.

Fiations qui vpiilont vivro du nirnio priucipo qiip \o sien. Elle ne lera point de propa^'ande sourde ou ineeudiaire chci ses voisins. Elle sait qu'il n'y a de libertés durables (|ue celles qui naissent (relles-mèmes sur leur propre sol. Mais elle exercera, |)ar la liK'ur de ces idées, par le spectacle d'ordre et de paix (ju'elle espère donner au monde, le seul et honnête prosélytisme, le prost'lytisme de l'estime et de la sympalhi<\ Ce n'est p(jint là la guerre, c'est la nature. Ce n'est point là l'agitalion de rturope, c'est la vie. Ce n'est point là incendier le monde, c'est brilirr de sa place sur l'horizon des peuples pour les devancer et les guider à la fois.

(( Nous désirons, pour l'humanité, que la paix soit conservée. Nous l'espérons même. Une seule question de guerre avait été posée, il y a un an, entre la France et l'Angleterre. Cette question de guern*, ce n'était pas la France républicaine (jui l'avait posée, c'était la dyiiastic. Ca dynastie emporte avec elle ce dangt'r de guerre (ju'elle avait suscite^ pour 1 Fiu'ope par l'ambilinu toute pcrsoimelle de ses alliances de famille en Espagne. Ainsi celte politique domestique de la dynastie déchue, qui pesai! depuis dix-sept ans sur notic dignité nationale, pesait en même temps, |)ar ses |)i'etentions à uu<^ couronne de plus à Madiid, sur nos alliances libérales et sur la paix. La Ué|)ubli- (|iie n'a point d'ambition; la Hepubliciue n'a j)oint de nep(v tisme. I^lle n'hérite pas des prétentions d'une famille. One l'I-^spagne se régisse elle-même ; que ri'>spagne soit indépendante et libre. Ea l'^rance, pt»ur la solidité de C(Mte alliance nalnr(^lh\ compte plus sur la conformité de principes que sur les successions de la maison de Hourbon !

«Tel est, monsieur, l'esprit des conseils de la Hepubli(|U(>; tel sera invariablement le caractère de la politi(|ue franche, forte et modén^e (\\w vous aurez à rejM'ésenter.

« La IlepublKiue a pn)noncé en naissant. i>l au milieu de la chaleur d'une lutl«' non prov(W|uee par le p(nq>le, trois mots (|ui ont H'vele son iuuo et qui appelleroul .;ur s m hcM'ceau les ben«'dictions de Dieu et di^s honnnes : fJhrrfr, offalitr^ fraternité, l'.lle a donne le hMidemaiii. par l'abolition de la peine de mort eu matière poliii(|ne, le v«'ritable commentaire de ces

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