LIVRE NEUVIÈME
craintes et partageait les mêmes sentiments. Les prolétaires, les ouvriers, les travailleurs, qui n'ont pour capital que leurs bras, pour revenus que leur salaire , pour patrimoine social que leur moralité et leur économie , étaient fanatisés de reconnaissance et d'espérance pour une révolution qui les élevait au rang de citoyens, qui leur restituait leur juste part de droit social et de souveraineté politique. Ils sentaient que leur sort était désormais dans leurs mains. La République , en faisant asseoir dans ses conseils des représentants choisis par eux, et quelquefois choisis parmi eux, leur promettait une ère d'égalité , de justice et de providence pour une classe immense et déshéritée longtemps de toute participation aux lois. Ils n'exagéraient néanmoins alors ni leurs griefs, ni leurs parts, ni leurs exigences. Ils proclamaient hautement le respect des pro})riétés, l'inviolabilité des capitaux, la libre appréciation des salaires entre le travailleur et le fabricant qui les proportionne à son bénéfice. On peut dire que la société avait Tintelligence d'elle-même. Une masse incalculable de raison, de lumière, de modération dans les désirs, et de moralité religieuse était entrée depuis un demisiècle par tous les pores dans ce fond de la population. Non-seulement elle se calmait, se résignait, se reclassait à la voix d'un gouvernement sans armes ; mais elle j)renait les armes pour lui , elle lui donnait du temps, elle lui attestait sa patience, elle se conteulail d'un demi-salaire dans ses alelieis libres ou d'un
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faiblr secours aliiiirnliiire ilans les ateliers nationaux ouverts |>ar les mairies dr Paris. Quehjiies-uns même refusaient avec désintéressement ce salaire de détresse |M)ii[ mt pas ai;graver les charges de la république, n autres allaiciil j>his loin; ils se réunissaient |)ar corps de métiers, sous la seule impulsion du patriotisme; ils se cotisaient eux-mêmes et apportaient d'heure en lirinc an gouvernement rimjxM volontaire rvifiiiiché sin- Iciii j)ain, la dîme de leurs sueurs. Ils le fai.^aient sans ostentation, avec ^ertu, avec larmes. (Juiconcpie les a \ us alors, ne déses[)érera jamais d'un pareil piuple. C'est le cœui' du pays; il snftit de le toucher |t()iii ipi'il m soite dos tresois de désintéressement, de re>ii:iiati(»ii el de courage. 1/espérance les };ou\ernait.
Kidiii 1 audace a\ ee la(|iielle (piehpies hommes désintéressés (rainliiiion a\aien( jonc lem- \ ie en s(^ précipitant a la lèle du peuple à Tllolel de Ville pour prévenir l'anarchie el [)our sauvei- à la lois la nnoluliou et la société; la résistance désespérée et victorieuse de ces hommes au drapeau rouge, à la terreur, aux excès, aux denjcnces ipTon était V(miu leur commander: Iniit cela avait irispin» une Ncrilaltle i\c\vnmw pour eux a toutes les |)arties saines (h^ la populalion. Les «scènes dramaticpies de ril(M(>I d,> Ville dniil cent niilh> tj''rnniu< a\airiil répandu et e\ai;éré