‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 3 sur 216 · LIVRE NKUVIKMlî · texte numérisé non relu

LIVRE NKUVIKMlî

les récits dans Paris et clans les départements, avaient montré à la nation qu'elle n'avait pas à sa télé de faibles jouets des séditions, mais des hommes capables de les atlronter et de les vaincre. Ces journées où quelques hommes luttaient contre des masses armées sans fléchir, avaient inspiré confiance et donné une immense autorité au gouvernement provisoire. Il avait consolidé sa popularité en la jouant; elle n'était qu'un souffle , elle était devenue à l'Hôtel de Ville un pouvoir. Le nom de Lamartine même s'était profondément imprimé dans l'imagination publique par ses actes et par ses paroles. Sa popularité gagnait, au lieu de s'user à la résistance ; elle devenait pour le peuple qui le voyait et qui l'entendait sans cesse une sorte d'inviolabilité. La faveur publique qui aplanit tout soutenait le gouvernement sur tant d'abîmes. Tout semblait rentrer de soi-même dans la légalité, dans la raison, dans la mesure, dans l'ordre, par cette force occulte qui porte les nations à se relever aussitôt qu'elles sont tombées. L'instinct organisateur des agrégations humaines que les matérialistes appellent l'habitude de la société, que l'histoire appelle civilisation, et que le philosophe appelle de son vrai nom : Loi divine de notre nature, doigt de Dieu, ne fut jamais plus visible à l'esprit et presque à l'œil de l'homme religieux que dans cette crise où un peuple sans gouvernement fut à lui-même son propre maître, sa propre force et sa propre loi.

Hi:\ OLL'TION DE 1848.

Miiis pendcTiit (juo l'aiicien i^ouvcrnoment se retirait

(in -ni ri (jiic le i^onvcrneiucnt nouveau s'iuslallail à ririlciicm, rKur()|M' entière pesait parla pensée sur le i^oiiM'i iK niriii piovi-oiic , il clait temps de s'en occuper. Jiis(pie-h"i la réNolution, la répul)li(pi(\ les mesures contif l.'i i:ii('iic (In Ile. l'iicccptation du régime nouveau p;u- lo d(''|)artements, pai- la llolle, pai' rariné(% p.ir rVL'eric; le relahlissement laborieux, de Toidie dans Paris, Talimenlation de cette ('aj)itale, la création d 'ateliers, roi'.ujinisalion de x'couis jionr !in million de bout'hes sans pain, la i-eoriianisalion du ministèn*, les inesin*es pn''j>aral(»iies pour la foiinalion {\o la nou- \elle i^arde nalioiiale de\anl encadrer tout le peuple donneili»', niliii le reseau tout enlier de Tadininistralinii il rciioni'i' et à étendre sur un pJiys d(^ lanl de millions d ànie>; le Trésor à \idei" el a lemplir tous les jours, larmee à eoniplelei", les IVoiitièr(\s à eon\rir, UîS |)(Mls à surstilicr, les liarani;ues , les conseils, les (l(''putation> lunmlliKMises, les assauts séditieux à recevoir, à repousser, au foyer sans cesse encombré, sans cesse dévorant de rilôlel de Ville, avaient absorbé le gouvorneinenl le jonr (M la iiuil.

('e ne lui (pic le sixième joii!- dans la soin'^e «pie

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