LAMARTINE
Ce manifeste fut reçu de la France entière avec applaudissement, de l'Europe avec respect. Il donnait à la république son attitude, à la démocratie son verbe, à la guerre sa signification, si elle devait naître, à la paix sa dignité, si elle devait subsister. Il faisait de la démocratie une partie diverse, mais intégrante, du système européen qui , sans menacer violemment les gouvernements fondés sur un autre principe, rallierait successivement au principe français les peuples parvenus à différents degrés de liberté. C'était la raison de la Révolution se posant et s'exprimant en face du monde, au lieu de sa colère secouant l'Europe on 1793. Le manifeste ne créait pas un seul cas de guerre en dehors du droit des gens ; il en abolissait |)lusieurs. 11 abolissait surtout l'ambition et les conquêtes.
L'effet que Lamartine attendait de cette attitude et
iO HEVOLUTION DE 4 848.
I(> rcsiillals (pi il avait promis au i^ouvenuMnenl ne tanirnni pas à se produire partout en Europe. Nous lo paicouiiuus bientôt.
.Mai> ('('tl(> altitu(l(^ (lipl()mati(|ue du i^ouvernenionl lUTOssilail um^ attitude armée correspondant aux <'\('ntualites cpii poux aient survenir. Le ministre {\vi> .lilaires étrangères demanda les armements de sûreté MH'-urés sur les dangers possibles ou sur les prudences conunandées par la situation.
I/Kspagne ne s'explicpiait point encore. Les informations secrètes révélaient des dispositions jieu bien- \(Mllanles à Madrid. Des rassemblements de trou|)es (le l'autre côté des l^rénées, à |)ro\imité de la frontière française, (Maient sip:nalés. Le mariage récent du duc lie Montpensier axec la sceur i\c, la reine d'Kspagne a\ail (lu ('tablir entre la <l\nasti(! proscrite de France et le i^ouvernenieiil espagnol nn(^ solidarité (*t une inliiiiile (pii pouvaient se tia(liiir(^ en liostilités. On annonçait (jue l(»s princes de la maison d'Orléans allaient clierclier un asile en Espagne. Leur présence annonçait (juelipies idées confusi^s d(^ r(^stauration armée de Ce coté. Le ministn^ réclama la formation iiiiiiieiliate (Tune ainuM^ d'obsiMNation d(»s Pyrénées (ie (|iiiii/i' a \ iiii;! mille lioinmes. (letle armée fut décrétée.
L'Italie, déjà agitée à son e\lremit(* par la révolulion de Sicile, ipn a\ ail pieccdé la re\ olution de Paris,