DOCUMENTS HISTORIQUES
LE DÉPART DE LOUIS PHILIPPE APRÈS LA RÉVOLUTION DE 1848. ( Note du directeur de la Re\ le Britannique. )
« Lo lortour aura bientôt com|)ris pourquoi rarticle que nous allons reproduire textuellement et in exteyiso, a toute limportance d'undoeument historique.
« Les journaux de Londres et notre correspondance particulière nous ont confirmé simultanémeni l'authentirité des détails qu'on y trouve révélés pour la première fois. 'Nous pouvons sans iniliscrétion dire ici que l'auteur anglais est M. Croker, ex-secrétaire de l'amirauté, un des rédacteurs les plus anciens de la grande revue des torys, la Quarterly Rewiev, tory exalté lui-même, et se déclarant W'git'nniste (ce (jui n'est pas être hostile à la dynastie régnante, depuis qu'il n'y a [tlus de prétendants en Angleterre).
« Avec ses opinions bien connues, M. Croker avait plus d'une fois, de son j)ro])re aveu, jugé sévèrement les actes de Louis Phili|ipe pendant les dix-sept ans de son règne : mais, habitant une canq)agno dans lo voisinage du chAleau de Claremont, il a rencontré Louis Philippe, lui a été présenté, et, en l'écoutant, il n'a pas lardé, comme il l'avoue, à modifier son oi)inion sur le caractère et la politique du monaniue exilé S'élant chargé de rendre exemple, dans la Quarterly lieiviev , (h^s ouvrages qui forment le texte do son article , M. Croker avait prié le roi et les personnes de sa famille de lui fournir quel(|ues notes. Louis Philiiijie lui a communitpié son j^ropre journal. C'est cette communicalion (jui prête une authenticité historitiue aux détails du départ du roi, formant la seconde partie de cet article, la première appartenant i)lutôt à la polémiipie.
« Notre intention avait été dabord d'élaguer du récit même de M. Croker tout ce (pii répugne à nos propres habitudes do critique ; mais en altérant la pensée et les expressions de l'auteur anglais, nous contractions avec lui une solidarité (juil ne nous convient d'accepter directement ni indirectement.
« Tout en regrettant ce (jui pourra blesser ici quelques personnes et (piehpies opinions, par une condamnation souvent trop collective,
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nous restons fidèle à Timpartialité du recueil dont la direction nous est confiée , fidèle à nos propres juij;oments sur les hommes et sur les choses , toujours prêt , par conséquent , à accorder à tous les bénéfices de notre publicité périodique. Nous réfutons d'ailleurs ainsi l'assertion de M. Croker, qui croit la liberté de la presse bâillonnée par la République.
« M. Croker traduit généralement en anglais les extraits des ouvrages français qu'il cite, soit pour les réfuter, soit i)Our forlilicr par ce témoignage ses renseignements particuliers. C'était un devoir de rétablir le texte de ces citations, sans égard pour quelques légères inexactitudes verbales de la traduction anglaise , inexactitudes qu'il faut croire involontaires. Nous espérons que notre propre traduction, œuvre de deux plumes , mais revue et coordonnée par une, sera reconnue aussi exacte que possible par M. Croker lui-même. Nous avons quelque droit de dire , lorsque nous nous sommes ])lus d'une fois fait violence pour ne pas affaiblir certaines invectives qui répugnaient à notre style et surtout à nos affections sincères i)our un de ces noms glorieux, puissants hier, impopulaires aujourd'hui, que nous n'avons pas flagornés hier^ que nous n'insulterions pas mijourd'hui. »
M. de Lamartine, objet principal de ces calomnies et de ces invectives^ supportant tout sans récrimination pour lui-même, mais ne supportant rien pour la Révolution qu'on veut déshonorer, a été sommé de répondre à cet écrit. 11 l'a fait dans la lettre suivante adressée à la Revue Britannique et à la revue anglaise.
A M. AMÉDÉE PlCllOT Rédacteur de la Revue Britannique.
« Monsieur et ancien ami ,
« Si le document que vous empruntez à la revue anglaise émanait réellement d'une main ou d'une conversation royale, voici ce «lue j'y répondrais :
« Les cœurs honnêtes ne connaissent pas le vx victis ! Si j'ai rt»specté le roi dans sa puissance , je le respecte bien plus dans sa déchéance. La majesté a des drt)its , l'infortune a dos saintotés. C'est dans ce sentiment (pie je vais examiner le document dont \ous thor-
chez la source si haut. Mais ce sentiment ne doit pas aller jusqu'à laisser fausser des faits historiques et avilir des hommes qui, s'ils n'ont pas de place dans les chronologies royales, en ont une qu'ils veulent conserver dans lestimo des honniMes gens.
« Je passe donc sur soixante pages de ce que vous appelez si justement invectives et je croirais faire la plus cruelle offense au prince qui fut roi, si j'en attribuais une seule ligne à son ins])iralion. Les princes détrônés ont le droit trop chèrement acquis de maudire les révolutions qu'ils ont faites et de rejeter leurs fautes sur ceux qui ont eu à porter le poids des ruines de leur trône et de leur gouvernement écroulés. Mais ces princes ont juiur excuse les erreurs et les illusions qui assiègent les cours ; ils ont pour vengeance le bien qu'ils ont pu faire , le mal qu'ils ont pu empêcher pendant leur règne ; ils ont pour asile le silence et la dignité historique de ces grandeurs qui ne se dégradent pas môme en tombant, .le suis convaincu que ce prince n'en cherchera jamais d'autres; mais en fùt-il autrement , cela ne changerait rien à mon langage. Aux imputations d'un roi sur lo trône, je répondrais par la fierté des représailles; aux insultes d'un roi sans couronne , je répondrais encore en m'inclinant.
« Passons donc aux faits : ils exigent seuls cpi'on s'inscrive en faux contre l'écrivain , qtiel qu'il soit, qui les a si mal connus ou si odieusement altérés.
« L'écrivain accuse Lamartine « d'avoir évoqué et déchaîné , de « concert avec les conspirateurs, les instruments de massacre et de « i)illag(^ en fé\ri<'r 18i8 (page 11); d'avoir créé un règne de terreur « n'aiiiiKMtanf d'autre désordre que le sien ; d'avoir enrôlé dans la « garde mobile vingt-(iiiatie mille des j)ires émeut iers ou bandits de « la révolution (page 25); d'avoir eu i)our second, lors de l'inva- « sion de la Chambre des dé|)utés, un garçon boucher brandissant un « couteau (|)age 47) ; de n'avoir aboli l'échafaud et repoussé la ter- « reur que parce (pi'il sentait l'avoir mérité pour lui-même , et de a n'avoir été humain (|ue par conscience (page 53) ; d'avoir cherché « à faire obstacle au départ du duc de Nemours, des princes, des juin- « cesses, du roi lui-même (i>age 55); il aflirme que des ordres du « gouvernement provisoii-e étaient donnés, enjoignant aux gardcs- « côtes d'apporter la plus grande vigilance à empêcher Vêrasion <r des fugitifs politiques; (l(» n'avoir pas donné aNJs i"i Louis Philippe « et ;'i ses amis de la sauvegarde (pie le goii\ernemenl j>rovisoirc a leur avait au contraire^ préparée ; un message bien intentionné « aurait sans doute, ajoute l'écrivain , pu trouver ce prince dans les
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« huit jours de son royal pèlerinage. M. de Lamartine ne paraît avoir « rien fait non-seulement pour procurer des moyens de fuite au roi , H mais même pour les faciliter au besoin : la famille royale ne vit « aucune trace de la proleclion de M. de Lamartine; 7nais au coti- « traire, après avoir subi une foule de persécutions et de dangers « sans exemple dans l'histoire, à moins de nous reporter au rèi^ne de « la terreur n^l, etc. (page 67). Pourquoi tous ces sentiments généft reux restèrent-ils enfermés dans le sein ou dans le [)upiti'e de M. de « Lamartine, et ne furent-ils révélés que lorsqu'ils ne pouvaient plus « servir qu'à la satisfaction de sa vanité personnelle?... Le roi courait « le danger presque certain d'un assassinat: tous les actes publics du «gouvernement, cette circulaire envoyée aux ports, ces mandats « d'arrêt lancés simultanément à Paris contre la duchesse d'Orléans « et contre les ex-ministres, tous ces actes, disons-nous, tendaient à « pousser la population à des violences de ce genre ; les sentinelles « furent doublées sur toute la côte, les routes qui conduisaient au jiort « soumises à une surveillance plus rigoureuse (pages 67, 69). » Enfm l'écrivain, forcé de reconnaître les termes de respect dans lesquels M. de Lamartine parle des malheurs et même des fautes du roi . pervertit jusqu'à ce respect et l'attribue à la jHudence de la peur (jui demande grâce d'avance à l'éventualité des restaurations. « Nous sou|)- « çonnons, dit-il textuellement dans plusieurs endroits, et entre autres « page 27 , un autre motif à ce panégyrique presipie sans distinc- « tion. M. de Lamartine n'a peut-être pas sérieusement renoncé « au jeu des révolutions; il a disparu dans la vague, mais il jieut « remonter à la surface : encore quelques tours de la roue de fortune, « le comte de Paris peut rentrer aux Tuileries, etc Si la i>oliti(iue de « M. de Lamartine n'est pas très-profonde, elle est conforme du moins « à la célèbre maxime de La Rochefoucault : « ^ ivez ave»- \os amis M comme s'ils devaient un jour devenir vos ennemis, et avec vos enne- « mis comme s'ils devaient un jour devenir vos amis. » Hridonne , « dans ses Foyages, parle d'un Anglais original cpii, à Rome, ne uiim- « quait jamais d'ôter son chai)eau à la statue de .lupitcr. Ouehprun « lui ayant demandé pounpioi : —Qui sait, répondait-il, .si cette oi\i- « nité ne pourra pas être un jour réintégrée dans son temple'.' Pcul- « être alors se sou\iendra-t-il de ceux (pii auront été polis envei^ lui a dans sa disgrâce? —C'est ainsi (pie M. dr Lamartine Ate son cha- « peau à Jupiter, » etc. ( page -28).
« Voyons si ces imputations odieuses ou ridicules, en ciMjui louche les actes du gouveinement provisoire relativement à la famille royale,
ont d'antres fondomonts quo la nialveillanto et la plus inprate récrimination de la i)ait de M. Croker. Voyons comment M. de Lamartine, entre autres, si spécialement cité, a créé le désordre du 2i lévrier, évoqué le meurtre et le pillage, favorisé les desseins sinistres contre la famille royale, envoyé des ordres pour l'arrestation des fugitifs, l)rolongé leurs anxiétés dans leur fuite, suspendu l'exécution des mesures secrètes et j)roteclrices décrétées par le gouvernement provisoire pour préserver cette famille d'un outrage, la République d'une honte. Voyons s'il a gardé dans son sein ou dans son juipitre les ordres préparés pour la sécurité du roi et des princes, et i)ar la faute de (pii ce i)rince a erré plusieurs jours sur la côte de France dans l'appréhension des poursuites d'un gouvernement (jui ne cherchait sa trace (juc pour hâter, protéger et entourer de sécurité et de dignité son départ. Voyons enlin si M. de Lamartine, qui n'avait pas été son chapeau pendant quinze ans à Jupiter régnant, dispensateur des dons et des faveurs du trône, n'a pas ôté son chapeau à la fortune tombée, et n'a i)as fait tout ce (pii était en lui \)u\\v eidever tout j>éril et toute aspérité à la triste roule de l'exil, ('/était son devoir i)lus qu'à tout autre acteur de cette révolution. On va voir {«ounjuoi.
« .le rétablis les faits et je n'en cite aucun sans citer en même temps les téujoins et sans provoquer le témoignage.
a Ma famille maUMiielle était attachée, avani 1789, à la maison d"()rléans. Elle en avait reçu des honneurs, (\{^i>> titres, des bienfaits dont le s()u\enir s'était transmis en moi ave<' le sang. Ces souvenirs mr commandaient une nH'oniiaissance. conlre lacpielle le cours des générations ne prescrit pas dans les cœurs bien laits. La famille de mon père ne (le\ail rien à ces princes. Elle était dévouée, au contraire, aux rois légitimes, à leur malheur, à leurs échafauds ; ell(> nourrissait conlre la maison dOileans ces ressenlimenls et C(>s repugnanc<»s imméritées ( i)uis(iue les fautes sont i)ersonnelles ) , uiais inslincti\es, que cette branche révolutionnaire de la maison de Bourbon avait ins|)irés aux royalistes.
« l'in 1830, au moment de lavénement au trône du duc d'Orléans, je servais dans la diplonialie. .le \enais dèlre nommé nnnisire en Grèce; j'appris à l'étranger la Révolution île juillet. L<' caractère de cette ré\olution, (pii se conl(Mitail de prendre un trône au ne\eu jxiur
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le donner à l'onrle, me répugnait. Je ne voulus pas y tremper, mùine par le silence. Je vins à Paris, je me rendis chez M. le comte Mole, ministre des affaires étrani^ères. Je le [)riai de faire accepter, au nouveau roi , ma démission. « Je reconnais, dis-je, le droit des nations de changer leurs dynasties, je ne conteste pas avec les faits, mais je ne me prostitue pas à leurs caprices ; je ne veux pas être un parasite de la fortune. »
« INI. Mole m'engagea à écrire moi-même, si je persistais, une lettre au roi pour lui faire agréer ma démission. Je le fis. Le ministre rennt ma lettre à ce prince au conseil. Le roi la lut , loua la convenance des termes, et me fit dire qu'il désirait me voir. Je remerciai le ministre de la communication qu'il me fit de la part du roi. Mais je m'abstins d'aller aux Tuileries ; je quittai la France et je voyageai trois ans.
« A mon retour, je fus nommé député. Je ne m'associai ni à roi)position, ni à la majorité. Je restai isolé pour rester libre, laissant à |)art toute question de dynastie et votant tantôt pour et tantôt contre les projets du gouvernement , selon qu'ils me paraissaient utiles ou nuisibles aux intérêts généraux et permanents du pays. Je m'abstins avec un scrupule sévère de tout rapport avec la cour, le roi , la dynastie. Je reçus des reproches de cette réserve. Ces reproches ne changèrent rien à mon attitude.
« Deux fois, dans des circonstances graves, le roi me fit appeler. Dans des entretiens très-longs, très-intimes et très-bienveillants, ce prince déploya cette rare puissance de parole, de discussion et de séduction, dont la nature et l'expérience l'ont doué, pour me déterminer à me rattacher à son gouvernement et à paraître à sa cour. Je fus ému, reconnaissant, mais infiexible. « J'aurais moins de force, « lui dis-je, pour servir mon pays, et même \olre gouverncMiient , si je « consentais à aliéner mon indépendance. Les convictions désintéres- « sées sont quelquefois des ap[)uis utiles pour un gouvernement; les « autres convictions paraissent d(s complaisances. Je ne suis point « hostile, mais je veux rester indépendant. »
ni.
« La coalition parlementaire, véritable date de l'ébranlement de la monarchie, se forma. (Velail la ligue confuse de tous les éléments les plus incompatibles et les plus dissolvants, de toutes les oppositions radicahs et de tous les mêconlcntemenls personnels rallies |)our
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saper, dans une agression comniunc, la prérogative constitutionnelle du roi et le ministère de M. Mole. Je combattis j)reique seul , piMuiant deux ans, la coalition, dont je pressentais nettement la portée qu'elle ne sentait pas elle-même. Je défendis gratuitement le ministère Mole sans m'engager avec lui, et blâmant même hautement à la tribune quelques-uns de ses actes. La Constitution ne fut défendue par personne i)lus énergi(piement ([ue par moi. Le roi m'en fit faire des remerciements ; il m'appela pour me les adresser lui-même. Ju montrai dans cet entretien la même sensibilité à sa bienveillance et la même inflexibilité à ses entraînements.
« Entin la coalition trioni[)lia. Je la combattis victorieuse, comme je l'avais combattue agressive. Je parlai avec force et obstination contic les fortiticiitions de Paris, prélude de despotisme militaire. Le roi m'appela de nouveau pour me convaincre de la nécessité de cette œuvre de prédilection de sa pensée. Il me retint une matinée entière; il Mie charma par les ressources de sa dialectique, il ne nie convainquit pas.
« Après le renversement du ministère de la coalition par moi et par les 221 iléputés conslilutionr.els, on me conjura d'accepter ma i^art dans les dépouilles en prenant un ministère dans la nouvelle administration. Je refusai.
« M. Guizot revint de Londres. A son retour, et après avoir pris j)()ssession de la direction des alTnires, il me fit l'honneur de venir chez moi , à deux reprises, pour mengager à faire acte dadliésion au gouvernement en acceptant une des grandes ambassades qu'il était autorise à m'offrir de la part du roi. Je le remerciai et je lui dis : « Assurez le roi (pie mon intention est de soutenir le nouveau minis- « tère contre les assauts et les ressentiments de la coalition, si elle se « reforme, parce que je crois celle ligue un principe de crise pour le « pays ; mais je veux le faire de mon propre mouvement et dans la « plénitude de ma lilxTté. Je ne serais plus libre, si je me laissais lier « |)ar une reconnaissance (juelcoïKpie einers la couronne ; gardez ces « ministères ou ces ambassades pour les hommes importants que vous « aurez be.^^oin de retenir ou de rallier au gouvernennMit ji;u- i\v> liens « de celte nature. Je n'accepterai rien. »
« ^L (lui/.ot insista. Il nw représenta avec raison i\\w Tappui d'un houiine jioliticpie n'était constaté aux veux t\c l'opinion (pi'aulanl cpie
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cet homme politique acceptait une solidarité officielle avec le gouvernement. Il ne négligea rien pour me convaincre ; enfin il ajouta : « Le roi m'autorise à vous dire que si ces ambassades, les plus hautes « qu'il y ait à offrir à un diplomato, ne vous paraissent pas écpiiva- « lentes à l'importance du rôle que vous venez de remplir, ou même V aux convenances personnelles de votre fortune, il est prêt à y ajou- « ter en dignités ou en appointements de surérogation, tout ce qui « pourra com[)léter à vos yeux ces situations. » — Je répétai à M. Guizot ce que j'avais dit au roi , c'est-à-dire que je ne voulais me lier à aucun prix au gouvernement. Tout fut dit.
« Je continuiii à soutenir, pendant quelques sessions, le ministère contre la coalition qui se dissolvait. Puis le ministère me paraissant s'égarer et reprendre la voie des abîmes, je le combattis de mon point de vue de démocratie progressive, mais sans aucune affiliation avec l'opposition.
« Les choses en étaient là quand les oppositions parlementaires, débris de la coalition, et les journaux coalisés ouvrirent, en I8i7, la campagne de l'agitation du pays par les banquets. Non-seulement je ne m'y associai pas, mais, quoique adversaire de la politicpie antiréformiste, aveugle et incorrigible du gouvernement , je parlai et j'écrivis contre cette mêlée des oppositions ([ui , ne [)ou\aiit rien produire de concordant comme ministère, ne pouvait produire (ju iin«' révolution. Je déclarai que cette agitation sans fornuile coinumne me paraissait confuse, téméraire, extrà-constitutionnelle. Je n'assistai à aucun banquet politique dans mon propre (lei)arlemenl. Je proleslai contre ceux de Dijon, de Chàlon, d'Autun. (Voir mon discours et mes articles de septembre et octobre 18 il.) Je ne parus qu'au bimcjuet personnel et littéraire qui me fut offert par mes concitoyens de .Màcon, à la condition que le maire de la ville et moi nous aurions seuls la parole. On peut lire mon discours; partout on y \erra que j'y combats les tendances anti-réformistes du gouvernement , mais en insistant sur la nécessité et sur la possibilité de ramener ce gou\ernemenl au vrai de sa situation i>ar l action parlementaire, sans l'ébranler ni le renverser par une agitation désesi)érée.
« Revenu à Paris (pieltpies jouis avant le 2i février, je iHM>iste dans la même ligne. Je demande seulement, avec M. Duvergiei île